eMAG

visuel insertion professionnelle

Abonnez-vous

Restez informés : recevez notre newsletter

Je m'inscris

5 min

Insertion professionnelle : comment donner leur place aux profils éloignés de l’emploi ?

En France, l’insertion par l’activité économique a pour but, selon le Code du travail, de permettre «  à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion professionnelle  »1. Elle s’adresse aux 2,4 millions d’individus éloignés de l’emploi que recensait France Travail fin 20252 – un chiffre qui recouvre des réalités très diverses : chômeurs de longue durée, bénéficiaires des minima sociaux, jeunes sortis du système scolaire sans qualification, réfugiés récemment arrivés en France, anciens détenus, ou encore parents isolés3... Autant de parcours marqués par une accumulation de difficultés rendant un accompagnement sur mesure nécessaire pour réintégrer durablement la vie active4.

Intégration socioprofessionnelle : le rôle des employeurs

En tant qu’employeurs, les entreprises jouent un rôle de premier plan dans l’insertion socioprofessionnelle des publics éloignés de l’emploi. Au-delà de l’intégration croissante, dans les marchés publics, de clauses sociales (qui réservent à ces profils une proportion donnée des heures de travail), l’insertion offre aux entreprises l’opportunité de contribuer au dynamisme des territoires où elles opèrent. Elle est également vectrice de performance, en ce qu’elle permet d’intégrer des profils atypiques, dont les parcours singuliers sont gage de perspectives nouvelles et de créativité pour les entreprises qui les accueillent. L’insertion constitue enfin un facteur d’attractivité de la marque employeur et de motivation des salariés, qui trouvent dans l’engagement citoyen de leur entreprise une source de fierté.  

De nombreux grands groupes français contribuent à l’insertion professionnelle des profils éloignés de l’emploi ; c’est le cas du groupe Michelin, dont la fondation d’entreprise soutient le réseau Envie, qui emploie des personnes en insertion sur des projets liés à l’économie circulaire. De son côté, le groupe VINCI a développé un dispositif original : des joint-ventures sociales, coentreprises associant une structure spécialisée dans l’insertion et une filiale du Groupe. L’objectif : offrir aux personnes en insertion la possibilité de développer des compétences solides, garantie de leur employabilité au long terme, tout en répondant aux besoins de main-d’œuvre du groupe VINCI. Sur les 20 joint-ventures sociales existant en France, quatre impliquent des entreprises de VINCI. Toujours dans cette logique d’insertion durable, le Groupe a également créé VINCI insertion Emploi (ViE), une entreprise sociale qui accompagne chaque année plus de 1 200 personnes éloignées du marché du travail, en lien étroit avec les business units du Groupe. « Ce service unique dans le paysage des grandes entreprises accompagne près de 3 000 personnes par an, avec pour objectif de favoriser le retour à l’emploi durable d’hommes et femmes éloignés du marché du travail ou en risque d’exclusion, puis de les accompagner tout au long de leur contrat », explique Ludovic Demierre, directeur des ressources humaines de VINCI. 

1,2

million d’heures d’insertion ont été réalisées chez VINCI en 2025

Un enjeu de taille : lever les freins à l’insertion 

Malgré ses bénéfices, l’insertion professionnelle se heurte encore à plusieurs obstacles : coût perçu, acculturation insuffisante au sein des organisations, ou encore manque de préparation des entreprises face à ces profils qui requièrent une attention particulière. Pour lever ces obstacles, les solutions abondent. Parmi elles, la mise en place de programmes de mentorat ou de tutorat permet d’accompagner l’intégration des nouvelles recrues et de sécuriser leur parcours. Dans le même temps, la formation et la sensibilisation des collaborateurs et managers aux meilleures façons d’intégrer ces profils jouent un rôle déterminant, de même que l’adaptation des postes aux besoins individuels. Les entreprises peuvent enfin jouer un rôle d’entraînement en intégrant des clauses sociales à leurs propres appels d’offres et en adoptant des politiques d’achat responsables, contribuant à sensibiliser l’ensemble de leur chaîne de fournisseurs à l’enjeu de l’insertion.  

Sources :

1 Code du travail. Article L5132-1. URL : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006178132/  

2 Le marché de l’inclusion. Qu’est-ce que l’inclusion professionnelle ? URL : https://lemarche.inclusion.gouv.fr/ressources/quest-ce-que-linclusion 

3 Mouvement des Entreprises de France. Inclure par l’emploi des personnes qui en sont éloignées : pourquoi faire, comment faire ? Vademecum. URL : https://www.medef.com/uploads/media/default/0019/100/14635-guide-inclusion-emploi-2022.pdf  

4 Le marché de l’inclusion, op. cit. 

Abonnez-vous

Restez informés : recevez notre newsletter

Chaque trimestre, nos articles, dossiers exclusifs et paroles d’experts directement dans votre boîte mail.