Cette méthodologie a fait l’objet de restitutions et de partage avec des organisations professionnelles ainsi qu’avec un certain nombre de clients et maîtres d’ouvrage pour lesquels travaillent les entreprises de VINCI en France. En 2025, une rencontre entre la direction des Affaires sociales et la direction de la Responsabilité sociétale de VINCI et des représentants de la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) a eu lieu, dans la continuité d’échanges précédents sur ces initiatives du Groupe en la matière. À la suite de cette rencontre, une visite du chantier de la ligne 15 du métro du Grand Paris a été organisée en septembre 2025 en présence de représentants de la FETBB ainsi que de représentants du comité d’entreprise européen (CEE) de VINCI. Cette visite portait notamment sur la présentation par l’équipe du chantier des mesures de prévention des risques mises en place et de leur suivi. À noter que précédemment, VINCI avait déjà contribué, à travers une étude de cas, à un guide de la FETBB visant le renforcement des capacités des travailleurs au sein des comités d’entreprise européens en matière de suivi et application des règles relatives au droit du travail dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises de la construction(*).
Certaines divisions mettent en œuvre, à leur niveau, des programmes sur des risques qui ne figurent pas dans la cartographie des risques à l’échelle du Groupe mais qui peuvent se manifester sur leur périmètre.
Ainsi, le réseau de VINCI Airports contribue à la lutte contre le trafic d’êtres humains. La traite des êtres humains est une violation grave des droits humains qui affectent des milliers de personnes chaque année dans le monde, toutes géographies confondues, et, le transport aérien est un mode de transport pouvant être utilisé par les trafiquants. Aussi, alors même que les plateformes aéroportuaires n’ont pas de responsabilité dans ce type de trafic, elles peuvent apporter leur concours dans cette lutte, notamment :
Plusieurs aéroports du réseau de VINCI Airports ont pris l’initiative de s’engager avec les autorités publiques et d’autres acteurs de l’écosystème aéroportuaire, aux côtés d’organisations internationales et/ou d’organisations de la société civile amenant leurs expertises, pour contribuer, à leur niveau, à la lutte contre la traite des êtres humains et à la protection des victimes. Étant donné la complexité du sujet, son caractère criminel ou encore sa dimension transnationale, de telles actions requièrent qu’un grand nombre de parties prenantes travaillent de concert et de manière coordonnée (personnels des acteurs privés aéroportuaires, forces de sécurité, instances judiciaires, associations d’aide aux victimes, etc.). En effet, l’un des principaux freins à une lutte efficace est souvent qu’outre l’absence de connaissance du sujet et la non-organisation des synergies nécessaires, aucun des acteurs ne dispose d’une procédure à suivre en cas de détection d’un cas potentiel. Ces initiatives et programmes font l’objet d’échanges au sein du réseau, échanges animés par la direction du Développement durable de VINCI Concessions, à la fois pour échanger sur les pratiques mais également pour promouvoir leur développement.
À titre d’exemple, Aerodom, filiale de VINCI Airports exploitant six aéroports de République dominicaine, s’est particulièrement engagé depuis 2021. Un accord a été signé entre Aerodom, International Justice Mission (IJM) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime – à travers son initiative Track4TIP –, ainsi qu’avec différentes autorités, notamment le Corps spécial de la sécurité aéroportuaire et de l’aviation civile (CESAC), la police nationale, la police touristique, la Direction générale des migrations (DGM) et l’Institut dominicain de l’aviation civile (IDAC). Cet accord visait à renforcer les capacités des personnels à la détection des signes de traite des personnes dans les terminaux aéroportuaires et à établir les protocoles nécessaires à la détection, au signalement et à la présentation à la justice de cas suspectés de traite des êtres humains. Si les personnels des plateformes sont clés pour faciliter la détection des cas et alerter, les seules institutions habilitées à enquêter et à intervenir sont les forces de police et les autorités judiciaires.
Fruit de cette collaboration, un Guide pratique pour la détection et l’identification des victimes potentielles de la traite des êtres humains(**) a été produit et publié en 2023. Ce guide opérationnel s’adresse principalement aux personnels des institutions et des agences gouvernementales (notamment aux forces de police présentes dans les aéroports) et aux personnels intervenant dans les aéroports. Il fournit une synthèse des concepts fondamentaux, des informations pratiques sur les processus de détection et d’identification, de même que leurs indicateurs respectifs. Ce guide complète d’autres actions telles que la formation du personnel aéroportuaire ou la diffusion des numéros d’appel et des moyens nationaux d’aide aux victimes, démontrant ainsi la volonté de soutenir les efforts dans une approche multipartite. Depuis sa signature, ce partenariat a permis la formation d’environ 200 agents publics et personnels au sol (y compris des compagnies aériennes – notamment les agents s’occupant de l’embarquement –, des commerces, des compagnies de taxis, des prestataires de ménage ou d’agences de sécurité privée intervenant sur les aéroports, aux côtés des personnels d’Aerodom).
Le Groupe, à travers la direction de la Responsabilité sociétale, suit le déploiement de la démarche dans ses opérations, en rend compte et met en place des contrôles si nécessaire. Des restitutions sont faites au management du Groupe ainsi qu’au Conseil d’Administration et au comité d’entreprise européen.
Le déploiement des audits des filiales par la direction de la Responsabilité sociétale et par les évaluateurs des pôles et divisions est priorisé sur la base :
Ainsi, les pays où l’implantation du Groupe est importante et/ou ceux où les droits humains sont réputés menacés sont priorisés dans la conduite des évaluations du Groupe, des pôles et des divisions. Ce classement et la feuille de route qui l’accompagne font l’objet d’une révision annuelle du fait de la nature « projets » d’une partie des activités des entreprises de VINCI, afin de tenir compte de l’évolution de l’implantation géographique, du niveau d’activité et de l’évolution des indicateurs externes. Au gré des besoins, de potentiels futurs pays d’opération peuvent également être privilégiés, notamment dans le cadre de réponses à des appels d’offres.