Document d'enregistrement universel 2025

Gouvernance

S’il est important de travailler avec ses pairs, VINCI est également conscient de l’importance de sensibiliser et de former les ingénieurs de demain sur ces sujets. Ainsi, avec des experts indépendants spécialisés sur le sujet des entreprises et des droits humains, VINCI a travaillé, il y a plusieurs années, à la construction d’un business case, à destination des étudiants, qui étudie en détail les risques de travail forcé au Qatar et les mesures prises par QDVC, ainsi que la manière dont VINCI a étendu ses pratiques dans sa démarche globale. Ce document a été mis à la disposition de nombreuses universités dans plusieurs pays. VINCI a participé à l’exercice dans plusieurs écoles d’enseignement supérieur en France, aux États-Unis et dans le Golfe pour apporter son témoignage direct et souhaite développer cette démarche en particulier auprès des écoles d’ingénieurs et de commerce qui forment les futurs managers de l’entreprise.

Enfin, VINCI continue de rendre compte de manière transparente de ses pratiques et de partager les mesures de vigilance adoptées et les challenges restants en témoignant régulièrement auprès d’autres entreprises, de gouvernements et de clients, mais aussi dans le cadre de formations organisées par l’OIT.

La prévention du risque social et du travail illégal dans la sous-traitance

Les enjeux ne se situent pas uniquement au grand international. Les tensions sur le marché des travaux publics ou du bâtiment et les flux de main-d’œuvre en Europe ont conduit le Groupe à renforcer sa démarche de vigilance en matière de prévention du risque social et du risque de travail illégal dans la chaîne de sous-traitance, à commencer par la France. Cette démarche d’ampleur, étant donné le volume d’affaires du Groupe dans ce pays, a démarré en 2018 avec le lancement de projets pilotes dans la construction en Île-de-France, puis a été étendue à VINCI Construction sur le territoire français, pour être progressivement déployée dans différents métiers. Cette démarche est régulièrement présentée aux membres du comité d’entreprise européen et du comité de groupe, et plusieurs entreprises du Groupe en Europe et à l’international ont commencé à être sensibilisées pour mettre en œuvre des démarches similaires sur leur périmètre.

La démarche repose sur une méthodologie en trois temps, comprenant :

  • une analyse de la dépense, une enquête et une cartographie du risque social dans la sous-traitance par famille d’achats ;
  • un diagnostic de l’efficacité des mesures de prévention existantes dans l’entité considérée ;
  • un plan d’action intégrant des mesures telles que la mise en place de matrices de responsabilité, l’évaluation sociale des sous-traitants, ou encore des mesures de vigilance renforcée pour les familles les plus à risque, comme les audits sociaux.

Au total, en France, plusieurs centaines de personnes de la chaîne opérationnelle ont contribué aux diagnostics. Chaque direction déléguée a été chargée de bâtir une politique de sous-traitance responsable propre à son activité et à son organisation, à ses problématiques et à la situation socio-économique de son territoire, ainsi qu’un plan d’action couvrant toutes les étapes, de la décision de recourir à la sous-traitance et au choix du sous-traitant en amont, jusqu’à l’évaluation de l’entreprise sous-traitante en aval.

En soutien de cette démarche, un outil de référencement des entreprises sous-traitantes a été mis au point. Il permet aux conducteurs de travaux d’évaluer les sous-traitants intervenant sur leurs chantiers sur la base de critères partagés intégrant le risque social, mais également de faciliter le choix de l’entreprise en amont, en fonction de l’évaluation faite par les autres directions. Un tel partage des données permet d’adopter une approche cohérente vis-à-vis des sous-traitants, de faire remonter rapidement des signalements en cas de risque ou de non-conformité et d’accompagner les entreprises.

En parallèle, des moyens de contrôle sont repensés. Ainsi, des audits sociaux des sous-traitants sur chantier sont conduits depuis 2019. L’approche de l’audit a été adaptée à différentes typologies de chantiers (par exemple : grands projets sous forme de sociétés en participation [SEP], plus petits chantiers en propre, phase de démarrage ou de finalisation, etc.). Durant ces audits, une attention particulière est portée au système d’accueil des salariés des sous-traitants et à la gestion de leur personnel, notamment l’établissement des contrats de travail, le paiement des salaires, le respect des obligations sociales relatives au temps de travail, aux conditions de sécurité et d’hygiène, à la représentation salariale. Ces audits permettent de déceler de potentielles non-conformités, d’accompagner les sous-traitants de manière constructive dans leur démarche de progrès et d’élaborer un retour d’expérience servant à mieux orienter les actions de prévention ainsi qu’à revoir, le cas échéant, la cartographie des risques et le référencement des entreprises partenaires. Des audits de suivi ont été conduits pour s’assurer de la bonne mise en œuvre des plans d’action et continuer à accompagner les équipes opérationnelles, qui font preuve d’une maîtrise grandissante des sujets.

Afin de renforcer les compétences internes sur le sujet, VINCI a développé depuis 2021 des formations internes à la conduite d’audits sociaux auprès des sous-traitants et des prestataires de services, avec le double objectif d’assurer un suivi continu des sous-traitants à risque et de continuer à diffuser la démarche. Faites sur mesure, ces formations présentent les enjeux sociaux liés à la sous-traitance et les obligations de vigilance des entreprises du Groupe, comprennent la remise d’un support méthodologique exhaustif et d’un kit comprenant une grille d’audit et une grille d’entretien pour les interviews auprès des salariés des sous-traitants, et se concluent par un module sur les techniques d’entretien, plusieurs études de cas et des jeux de rôle. À fin 2025, près de 250 personnes ont été formées, parmi les directeurs et responsables achats, ressources humaines, affaires sociales, juridiques, santé-sécurité, contrôle interne ainsi que les directeurs opérationnels. Des points de suivi sont organisés deux fois par an avec eux pour les accompagner dans le déploiement de la démarche et pour faire bénéficier les uns et les autres des retours d’expérience des différents audits internes, ou pour réfléchir de manière collective à la façon d’aborder une difficulté rencontrée.

Par ailleurs, la grille d’audit sous-traitance responsable a été adaptée à la réglementation européenne en vue de sa diffusion auprès des entreprises du Groupe en Europe, et traduite en anglais, en espagnol, en allemand et en portugais. Elle est également promue dans le cadre de la démarche achats responsables (voir section E : Rapport de durabilité, paragraphe 3.2 : Droits humains et santé-sécurité dans les chaînes de valeur du Groupe (ESRS S2), page 269).