Document d'enregistrement universel 2025

Gouvernance

L’identification des risques en amont des projets ou lors de l’acquisition de nouvelles entreprises

Une partie importante des activités des entreprises du Groupe est en « mode projet ». Aussi, au-delà de l’analyse au niveau des pays, le Groupe s’attache à renforcer la capacité de ses collaborateurs à identifier et à traiter les enjeux dès l’amont des projets, à savoir dès le stade des réponses aux appels d’offres, en particulier pour les grands projets. La grille des risques des activités de la construction et de l’énergie ainsi que sa note explicative ont été revues et validées en coordination avec la direction de l’Audit interne et en lien avec la direction de l’Environnement et la direction Éthique et Vigilance. Ces documents font partie du dossier à remettre au Comité des Risques pour approbation avant soumission des offres aux clients en fonction de différents seuils. Au-delà des risques techniques ou encore financiers, un chapitre enrichi sur les risques sociaux et environnementaux est désormais intégré. En matière de droits humains, les questions portent en particulier sur la gestion des impacts sur les communautés affectées ainsi que sur les travailleurs directs et indirects.

Au-delà du document à remettre au Comité des Risques, une grille environnementale et sociale, complétée d’une aide expliquant les différents sujets à considérer, a été développée dans le but d’aider les équipes chargées des appels d’offres à identifier les risques et les enjeux auxquels le projet pourrait être confronté (du fait du contexte local ou opérationnel, ou encore de la nature des prestations à réaliser) et, ainsi, à anticiper les mesures nécessaires pour y répondre en temps voulu, que ce soit dans la définition des ressources et moyens du projet ou dans celle des prestations et de leur future exécution. VINCI Construction Grands Projets a notamment mis en place en 2025 des formations sur l’utilisation de cette grille.

Une démarche similaire avait été effectuée précédemment s’agissant des acquisitions de nouvelles entreprises. Ainsi, une analyse des risques droits humains est conduite, intégrant des éléments tels que les pays d’opération, ainsi qu’une revue des engagements de l’entreprise et des moyens mis en œuvre pour prévenir les risques d’atteinte aux droits humains. Ces informations sont revues en Comité des Risques selon les seuils définis dans le Groupe.

Chez VINCI Concessions, une diligence raisonnable en matière de droits humains est conduite à l’occasion de la constitution des dossiers d’offres visant l’acquisition de nouvelles infrastructures en concession. Par exemple, lors de l’acquisition de l’autoroute Belo Horizonte-Cristalina (Via Cristais) au Brésil, dont VINCI Concessions a repris l’exploitation en 2025, un rapport de diligence raisonnable environnementale et sociale avait été élaboré. L’évaluation réalisée était basée sur les standards de la Société financière internationale (SFI). Ce rapport a notamment couvert les risques sur les tiers liés à l’occupation du foncier sur l’emprise de l’infrastructure. Cette étude a dès lors permis de clarifier la situation du foncier en identifiant les personnes impactées, que ce soit en matière de logement ou d’activités économiques, occupant le foncier avec ou sans titre de propriété. Cette étude avait été élaborée par un cabinet tiers spécialisé et comprenait un plan d’action assorti d’un système de compensation. De même, lors de l’acquisition de la concession des aéroports du Cap-Vert, dont VINCI Concessions a repris l’exploitation en 2023, la diligence raisonnable conduite s’était également basée sur les standards de la SFI, que ce soit au regard des conditions de travail des employés, de la gestion des tiers et de la sous-traitance, ou encore des impacts sur les communautés affectées (en particulier, liés au bruit et à l’occupation du foncier). Cette étude, validée par les prêteurs que sont la SFI, Proparco et DEG, a ainsi permis de prévoir toutes les mesures nécessaires pour la gestion des impacts, depuis un plan de gestion du bruit jusqu’à un plan d’action sur la gestion des tiers, ou encore la mise en place d’un mécanisme d’alerte. Des rapports de suivi sont régulièrement remis aux prêteurs. Ces mesures ont été complétées par une évaluation droits humains réalisée par les équipes du siège de VINCI Concessions dans un intervalle d’un an après l’acquisition, permettant de faire un point d’avancement mais aussi d’accompagner les équipes dans la mise en œuvre des mesures attendues.

3.3 Le système de gestion des risques en matière de droits humains du Groupe
3.3.1 Les actions et mesures transverses
Le Guide VINCI des droits humains, un document de référence applicable à l’ensemble du Groupe

Sur la base du travail d’identification des enjeux majeurs, VINCI a élaboré le Guide VINCI des droits humains(*), socle de la démarche du Groupe, et traduction opérationnelle des principales conventions et standards internationaux au regard des activités du Groupe. Pour chaque enjeu et thématique, le Guide présente des lignes directrices à respecter par les entités du Groupe, quels que soient leur métier et leur pays d’opération. Ces lignes directrices couvrent l’ensemble du cycle de vie des projets, depuis la réponse aux appels d’offres, la préparation des chantiers et la construction, jusqu’aux phases de mise en service et d’exploitation. Elles ont été conçues pour être adaptées à la réalité opérationnelle des métiers et des activités dans une volonté d’anticiper, le plus en amont possible, les facteurs de risques en matière de droits humains et de donner des réponses concrètes pour les prévenir. Le Guide est accompagné d’une annexe accessible à tous les employés du Groupe, détaillant les principales problématiques, les recommandations ainsi que des bonnes pratiques pour mieux accompagner les collaborateurs.

Ce document cadre, disponible sur le site Internet de VINCI, a été validé par le Comité Exécutif du Groupe en avril 2017, après consultation du comité d’entreprise européen, qui a approuvé la démarche engagée. Il a été largement diffusé auprès des collaborateurs et présenté à tous les Comités de direction des pôles et divisions du Groupe. Les actions de sensibilisation sont poursuivies en continu. D’après les résultats de l’enquête 2025 du contrôle interne de VINCI, à fin septembre 2025, 99 % des entités interrogées avaient communiqué sur le Guide auprès de leurs collaborateurs. Afin de faciliter l’appropriation et la diffusion des lignes directrices, le Guide a été traduit en 25 langues, couvrant ainsi plus de 98 % des collaborateurs du Groupe d’après les langues officielles des pays d’implantation.

99 % des entités interrogées dans le cadre de l’enquête du contrôle interne ont diffusé le Guide VINCI des droits humains

Le développement d’une culture de la prévention par la formation et la sensibilisation

Le Groupe considère qu’en matière de droits humains, la dimension managériale à tous les niveaux hiérarchiques est décisive, et il met l’accent sur les actions de sensibilisation et de formation des managers et des collaborateurs. L’objectif est de développer une culture de la prévention dans ce domaine, à l’instar de ce qui a été réalisé dans celui de la sécurité, et de donner aux opérationnels des outils pour être en capacité d’identifier les risques et de les traiter le plus en amont possible. Ces sessions sont l’occasion de rendre compte des actions menées, de présenter et d’expliquer les enjeux droits humains pour le Groupe, mais aussi d’approfondir des problématiques spécifiques telles que le travail forcé, le socle de protection sociale, le salaire décent, ou encore les enjeux plus particuliers à certaines zones géographiques. Lors de ces sessions, il s’agit également de former les collaborateurs aux différentes méthodologies et aux outils de déploiement mis à la disposition des opérations pour renforcer les dispositifs locaux de prévention des risques.