Document d'enregistrement universel 2025

Gouvernance

Une analyse et une priorisation des enjeux au niveau des pays et des contextes d’opération

Les risques majeurs identifiés au niveau du Groupe sont ensuite analysés au niveau des pays. Cette analyse se déroule en deux étapes, d’une part, sur la base d’une sélection d’indicateurs internationaux et, d’autre part, de manière qualitative, grâce à des études conduites par pays.

Chaque année, la direction de la Responsabilité sociétale met à jour une consolidation de dix indicateurs internationaux reconnus(*) permettant d’établir des niveaux de risques par pays. En 2025, deux nouveaux indicateurs ont été ajoutés à la liste de ceux précédemment utilisés pour mieux refléter les facteurs de risques considérés. Il s’agit du Labour Rights Index de la WageIndicator Foundation, qui mesure l’accès au travail décent selon les dispositions du droit de travail en vigueur dans les pays, ainsi que du Fragile States Index du Fund for Peace, qui mesure les facteurs de vulnérabilité des pays sur les plans économique, social et politique.

Par ailleurs, des études qualitatives par pays sont produites. En effet, l’analyse des contextes par pays est déterminante pour identifier et prioriser les risques auxquels les entités du Groupe peuvent être plus particulièrement confrontées et sur lesquels elles doivent exercer leur vigilance. Ce niveau d’analyse, dans un contexte opérationnel et pour un métier donné, permet de hiérarchiser les enjeux et thématiques qui ont été identifiés par le Groupe. Les risques à adresser localement sont ainsi mieux ciblés, permettant de mener des actions de prévention adaptées. Ces analyses s’appuient sur des rapports produits par les administrations publiques, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales, le monde académique, les syndicats, les médias, etc., et comprennent également des éléments concernant les cadres juridiques et institutionnels. Des données sectorielles sont aussi systématiquement recherchées et intégrées à l’étude dès lors qu’elles sont disponibles.

Ces analyses, également alimentées par les échanges avec les équipes et par les remontées du terrain, constituent un élément fondamental dans le cadre de l’évaluation de la situation des filiales. C’est aussi un outil essentiel de sensibilisation des équipes et des collaborateurs du Groupe aux risques face auxquels ils doivent exercer une vigilance accrue dans leurs opérations, y compris dans leurs relations contractuelles et partenariales, ou lors des phases amont d’identification des projets ou acquisitions, ou de préparation des offres.

Les zones affectées par un conflit sont identifiées et prises en compte dans ces analyses, étant considérées comme des facteurs de risques particuliers en matière de droits humains, que ce soit pour les travailleurs ou pour les populations. Elles peuvent également faire l’objet d’études ad hoc complémentaires, dans le cadre desquelles peuvent être étudiés les partenaires, les financements, le type d’activités concernées ainsi que l’objectif et l’impact du projet sur le territoire et la population. En parallèle, ce risque est aussi couvert par la direction de la Sûreté qui effectue une veille permanente et met à jour en continu une classification en plusieurs niveaux. Ce point fait l’objet de vérifications par le Comité des Risques de VINCI.

L’analyse des risques droits humains au niveau pays
  • 66 cartographies pays et territoires des risques droits humains disponibles pour les équipes en 2025, dont 12 mises à jour et 4 nouvelles études.
  • Au total, ce sont 39 % des effectifs du Groupe (hors France) qui sont couverts dans le périmètre des analyses.
La remontée des signalements à travers des mécanismes d’alerte (**)

En parallèle des actions de remédiation, les mécanismes d’alerte et l’analyse des plaintes soulevées permettent également d’alimenter et d’affiner l’analyse des enjeux sur lesquels être vigilant.

En cohérence avec les engagements du Groupe, il existe de nombreuses voies de recours permettant aux collaborateurs et aux parties prenantes de faire remonter des signalements. Ces voies de recours incluent la prise de contact avec les services des ressources humaines, les filières santé-sécurité, la voie hiérarchique, la sollicitation des instances de représentation du personnel, ou encore la consultation, en toute confidentialité, des référents éthiques au sein des pôles et divisions de VINCI et au niveau du Groupe.

Outre le mécanisme d’alerte du Groupe (voir paragraphe 6 : Le dispositif d’alerte et de recueil des signalements du Groupe, page 324), VINCI encourage la mise en place de mécanismes de signalement au niveau local. Le Groupe considère qu’un dispositif d’alerte proche du terrain et ouvert aux signalements de toutes les parties prenantes, y compris ceux venant des travailleurs indirects, d’usagers ou de communautés affectées, est nécessaire et doit permettre à l’entreprise, au projet ou au chantier d’être proactif dans le traitement des signalements, de mettre en place les mesures correctives appropriées et de mieux identifier les points de faiblesse éventuels de l’organisation pour renforcer ses mesures de prévention.

Différentes entreprises du Groupe ont organisé, en complément de la ligne hiérarchique, un dispositif d’alerte permettant de faire remonter des plaintes ou des situations à risque, notamment en matière de droits humains. Ces dispositifs peuvent prendre la forme d’une procédure, permettant la mise à disposition d’une adresse e-mail, d’une téléassistance ou d’une solution digitale dédiées. Certains d’entre eux, comme ceux de LISEA en France ou de Lima Expresa au Pérou, disposent d’un point de contact accessible au public via leurs sites Internet respectifs. La gestion du traitement des signalements peut également être externalisée auprès d’un tiers indépendant : c’est le cas de Seymour Whyte en Australie ou de VINCI Construction en République tchèque et en Slovaquie. Dans les pays du Golfe ou en Afrique, des référents RSE, travailleurs sociaux ou sociologues sont chargés de collecter les éventuelles plaintes des travailleurs, qu’ils soient employés directs ou indirects, ainsi que celles des communautés affectées, de maintenir un registre et de s’assurer que des solutions rapides sont trouvées face aux problèmes soulevés.

Enfin, si les entités de VINCI peuvent être en situation de donneuses d’ordres, elles sont également très souvent en position de sous-traitants ou de prestataires. Dans ce cas, les entreprises du Groupe sont incitées à rejoindre les mécanismes mis en œuvre par leurs clients. C’est le cas, par exemple, sur des projets de Sogea-Satom pour lesquels une procédure permet aux équipes de s’adosser au mécanisme existant du client et de le compléter par des cahiers de doléances et des réunions publiques, ainsi que de suivre la gestion des plaintes via quelques indicateurs simples : nombre de plaintes, actions correctives apportées, efficacité de l’action (si récurrence ou non) et temps de traitement. Des procès-verbaux sont établis.