Très tôt dans la démarche droits humains du Groupe, la sous-traitance, les prestations de service sur site et les entreprises de travail temporaire ont été identifiées comme des catégories d’achats prioritaires. En effet, ces trois catégories d’achats représentent la moitié des achats du Groupe et sont par nature stratégiques pour VINCI. Par ailleurs, si les entreprises de sous-traitance et de travail temporaire – intervenant souvent directement sur les chantiers ou les sites d’exploitation sur lesquels opèrent les entreprises du Groupe – font déjà l’objet de nom-breux contrôles, elles sont malgré tout considérées comme intrinsèquement exposées au risque social.
Dans un premier temps, le Groupe a mis à la disposition de toutes ses entités une méthodologie de diligence raisonnable qui repose sur cinq étapes, allant de la cartographie des risques liés aux droits humains des sous-traitants et prestataires à l’utilisation de critères spécifiques lors du processus de sélection, en passant par l’inclusion de clauses contractuelles spécifiques et le contrôle des exigences qui y sont formulées.
En parallèle, une démarche spécifique à la gestion du risque social dans la sous-traitance a été lancée en France, premier pays du Groupe représentant environ 30 % des achats. Cette démarche a éprouvé la méthodologie de diligence raisonnable et conduit à l’élaboration d’outils adaptés aux secteurs d’activité et à l’organisation du Groupe. En plus de l’accompagnement des filiales concernées, cette démarche a notamment débouché sur l’intégration d’un volet social au sein d’un outil de référencement des entreprises sous-traitantes, ou encore à la mise au point d’une méthodologie et d’une grille d’audit social des sous-traitants et des prestataires, adaptée aux métiers. Ces audits couvrent notamment les conditions de travail des travailleurs (conditions de recrutement, temps de travail, rémunérations, etc.) ainsi que le respect des règles de santé et de sécurité telles que le port des équipements de protection individuelle (EPI).
De même, une formation interne à la conduite d’audits sociaux dans la sous-traitance et d’entretiens travailleurs a été mise en place, en priorité à destination des filières ressources humaines, affaires sociales et juridique. À ce jour, ce sont plus de 250 auditeurs internes en France qui ont été formés. La prochaine étape, qui a déjà été lancée, consiste à accompagner dans cet exercice des filiales en dehors de la France. Pour plus de détails, voir la section F : Plan de vigilance, paragraphe 3.3.3.2 : Des actions de vigilance spécifiques en matière de lutte contre le travail forcé et le travail illégal, sous-paragraphe La prévention du risque social et du travail illégal dans la sous-traitance, page 313.
Aussi, lors de la conduite d’évaluations de la performance en matière de gestion des risques droits humains dans les filiales, lesquelles sont menées prioritairement à l’international, une partie de l’évaluation est consacrée à mesurer le niveau de connaissance de la filiale s’agissant des conditions de travail et d’emploi chez les sous-traitants (et les entreprises de travail temporaire) avec lesquels elle travaille. Est également évaluée la manière dont la filiale gère le risque social chez ces acteurs dès lors qu’elle a recours à leurs services. Ces évaluations sont souvent accompagnées d’entretiens avec les travailleurs des sous-traitants ou prestataires ainsi qu’avec des représentants de ces sous-traitants ou prestataires. Ces évaluations donnent lieu à des plans d’action si besoin est.
En 2026, VINCI mettra à disposition une boîte à outils permettant de centraliser et de diffuser à tous les collaborateurs les outils développés par le Groupe et les pôles, tels que des questionnaires d’évaluation, des exemples de critères, un guide pour la rédaction de clauses spécifiques adaptées aux risques identifiés et aux types de prestations, des clauses types, une grille d’audit social pour la sous-traitance, un outil semi-automatisé d’aide à la cartographie des risques E&S, etc. Compte tenu de l’organisation décentralisée du Groupe et des spécificités de chaque métier, leur mise en œuvre relèvera de la responsabilité de chaque pôle et de chaque entreprise.
Enfin, VINCI s’est engagé de longue date à lutter contre le travail forcé. De nombreuses actions sont menées, lesquelles sont décrites de manière détaillée dans la section F : Plan de vigilance, paragraphe 3.3.3.2 : Des actions de vigilance spécifiques en matière de lutte contre le travail forcé et le travail illégal, page 311.
Étant donné la nature de ses métiers, la santé et la sécurité des travailleurs sur les sites et les chantiers contrôlés par les entreprises du Groupe, quel que soit leur statut, est la priorité. C’est pourquoi l’ambition du « zéro accident », rappelée dans le Manifeste VINCI, s’applique à l’ensemble des intervenants de chantiers et d’exploitations, qu’ils soient salariés, travailleurs temporaires ou sous-traitants. De même, la déclaration commune sur les « Actions incontournables et fondamentales en matière de santé et de sécurité au travail » s’adresse également aux entreprises extérieures et prévoit, si besoin, la possibilité de les accompagner.
Les procédures établies sur un site ou sur un chantier ne marquent pas de distinction entre les collaborateurs des entreprises du Groupe, les travailleurs temporaires et les employés des sous-traitants. Les exigences en matière de santé-sécurité sont exprimées en amont et via des clauses particulières dans les contrats, et contrôlées par les entreprises du Groupe, depuis le port d’équipements de protection individuelle adaptés jusqu’à la déclaration des accidents ou de toute autre information pertinente sur l’évolution des risques sur site. Des critères spécifiques peuvent y figurer dès la phase de sélection et mener à la disqualification d’un sous-traitant. Les accidents font l’objet d’analyses par les équipes santé-sécurité, en particulier concernant les accidents graves ou à haut potentiel de gravité, alimentant ainsi des plans d’action destinés à la sécurisation des personnels extérieurs. Les audits sécurité conduits sur site couvrent l’ensemble des intervenants.
Par ailleurs, les travailleurs des sous-traitants sont généralement associés aux évènements santé-sécurité que le Groupe met en place ou aux actions de formation sur site, mais aussi aux ateliers de partage et de réflexion collective pour améliorer les systèmes de prévention des sites et chantiers. Les indicateurs des divisions et entreprises intègrent de plus en plus les sous-traitants. La politique de prévention ne repose pas uniquement sur des moyens de contrôle, mais également sur des actions d’accompagnement pour aider les sous-traitants qui en auraient la nécessité à se structurer et à hausser leurs standards, notamment dans certains pays dont la culture sécurité est moins ancrée, ou pour améliorer l’efficacité des actions.
Pour plus d’informations sur l’approche santé et sécurité du Groupe, voir la section F : Plan de vigilance, paragraphe 2 : La vigilance en matière de santé et de sécurité des personnes, page 296.