Document d'enregistrement universel 2025

Gouvernance

3.1.2 Processus d’interaction avec les travailleurs de l’entreprise et leurs représentants
Politique

La Charte éthique et comportements du Groupe affirme que la démarche d’employeur responsable de VINCI s’exprime dans le dialogue social actif avec les instances représentatives du personnel, dans le respect de l’indépendance et du pluralisme syndical. Cette politique générale de VINCI repose sur plusieurs principes fondateurs :

  • l’attachement à la reconnaissance du fait syndical au sein du Groupe et du droit des salariés d’adhérer à une organisation syndicale ;
  • la recherche d’un équilibre permanent entre l’engagement syndical et le maintien d’un lien étroit avec l’activité professionnelle ;
  • la volonté de faciliter la communication et la tenue de réunions pour les représentants des organisations syndicales et des instances représentatives du personnel ;
  • la volonté de développer l’information et la formation des représentants du personnel et des représentants syndicaux en les associant à la mise en œuvre des grandes actions menées par le Groupe (santé et sécurité au travail, développement durable, mixité professionnelle, politique handicap, etc.).

De même, le Guide VINCI des droits humains rappelle que la liberté d’association est au cœur de la relation de travail. Chaque entreprise du Groupe est tenue de respecter et de promouvoir la liberté d’association pour ses employés. Elles doivent respecter les lois nationales sur la liberté d’association et le droit à la négociation collective. Aucune discrimination ne doit être exercée à l’égard des représentants des travailleurs ou à l’égard de travailleurs souhaitant constituer ou adhérer à des organisations syndicales. Lorsque la loi restreint le droit à la liberté d’association et le droit à la négociation collective, les entreprises du Groupe sont appelées à faciliter le développement de moyens parallèles de représentation des employés, par exemple par le biais de comités de travailleurs. L’entreprise doit ainsi garder des canaux de communication ouverts en ce qui concerne toutes les questions liées au travail (santé-sécurité, rémunération, horaires de travail, congés et avantages, conditions de travail, organisation du travail, formation, conditions de vie, etc.) dans le cadre de réunions régulières entre les dirigeants, les travailleurs et leurs représentants.

Enfin, partageant la vision du Global Deal (https://www.theglobaldeal.com) selon laquelle le dialogue social est un outil essentiel de création d’emplois décents et de promotion d’une croissance inclusive au bénéfice de tous, VINCI a rejoint en 2018 cette initiative internationale, multiparties prenantes, engagée en faveur du dialogue social.

Organisation du dialogue social, attributions et processus d’interaction

Le dialogue social chez VINCI est structuré en trois niveaux : les instances de Groupe (comité de groupe France et comité d’entreprise européen), les instances de dialogue dans les pôles (instances supralégales) et les instances dans les entreprises. L’organisation du dialogue social obéit à un principe de subsidiarité, où l’entreprise constitue le maillon essentiel.

En effet, conformément à l’organisation décentralisée de VINCI, le principe clé d’organisation du dialogue social dans le Groupe est qu’il doit s’exercer au plus près du terrain au sein de chaque entreprise. Il s’agit d’assurer la mise en place d’un dialogue de proximité entre les représentants du personnel et le management des entreprises du Groupe, pertinent et adapté aux réalités de l’activité économique et sociale de chacune, donnant ainsi aux partenaires sociaux un vrai rôle à jouer dans chaque entité. Dans ce cadre, les représentants du personnel contribuent à relayer les points de vue de l’ensemble des salariés, y compris ceux de salariés potentiellement vulnérables (femmes, personnes en situation de handicap, etc.). Des réunions thématiques, notamment consacrées à la mixité, permettent de faire émerger des besoins spécifiques et de favoriser des échanges ciblés, en complément du dialogue social global.

Ce dialogue est organisé selon les dispositions légales et réglementaires en vigueur dans chaque pays. La dynamique du dialogue social se traduit notamment par la signature d’accords collectifs négociés et signés au sein des entreprises. Ces accords collectifs sont la traduction concrète d’une politique de ressources humaines décentralisée et d’un dialogue social actif, prenant en compte les réalités locales et visant notamment à négocier les conditions de travail, d’hygiène, de santé et de sécurité, ainsi que l’organisation du travail. En 2025, 1 843 accords collectifs ont été négociés et signés au sein des entreprises du Groupe. Ces accords ont notamment permis de concrétiser des actions en matière d’aménagement et d’organisation du temps de travail (355 accords), de rémunération et de protection sociale (876 accords), de droits syndicaux (174 accords), de diversité et d’égalité des chances (149 accords), ou encore de qualité de vie au travail (65 accords).

Dans les pays où les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les libertés syndicales n’ont pas été ratifiées, les sociétés de VINCI s’efforcent de construire des dispositifs permettant aux salariés de s’exprimer et d’être associés. C’est notamment ce qui a été fait au Qatar, aux Émirats arabes unis ou en Égypte, via l’établissement de comités de travailleurs.

Au sein de VINCI Energies et de VINCI Construction, les deux pôles du Groupe comptant l’effectif le plus significatif, des instances de dialogue social supralégales ont également été mises en place. Elles ont un périmètre France et fonctionnent selon une logique de métiers. Leur vocation est de traiter de sujets d’intérêt commun à certaines activités, en complément du dialogue de proximité dans chacune des entreprises. La mise en place de ces instances a fait l’objet de négociations avec les représentants du personnel en France. Dans le prolongement du principe de subsidiarité qui anime l’organisation du Groupe, il s’agit ainsi de traiter les sujets au bon niveau tout en assurant la participation des représentants des employés.

Au niveau du Groupe, le dialogue social s’exerce via deux instances clés que sont le comité de groupe France et le comité d’entreprise européen.

Le comité de groupe couvre le périmètre français (soit près de 36,7 % de l’effectif du Groupe). Il est constitué de 30 représentants titulaires désignés par les organisations syndicales parmi leurs élus dans les entreprises du Groupe, 17 suppléants et 5 représentants syndicaux. Les organisations syndicales sont appelées à veiller à une représentation équilibrée (femmes-hommes, activités, géographies). Du côté de la Direction siègent le directeur général, le directeur des ressources humaines ainsi que la directrice des affaires sociales du Groupe. Ponctuellement, d’autres membres de la Direction peuvent être appelés à intervenir selon les sujets abordés (président ou directeur général de pôle, directions Éthique et Vigilance, de l’Environnement, de la Responsabilité sociétale, etc.). Comme l’établit l’accord régissant cette instance, lequel court jusqu’en 2027, elle est destinée à assurer un dialogue social durable et de qualité tout en respectant le fonctionnement décentralisé propre au groupe VINCI. Ce comité constitue un lieu structurant d’information, de réflexion et d’échanges entre la Direction et les représentants du personnel sur les orientations stratégiques du Groupe, notamment en matière sociale, environnementale et économique.