La division Bâtiment France de VINCI Construction et VINCI Immobilier sont engagés depuis plusieurs années dans la décarbonation de la construction et l’usage des bâtiments et des infrastructures, en jouant un rôle actif dans la mise en œuvre de la réglementation environnementale RE 2020, qui vise à réduire l’impact environnemental des bâtiments sur l’ensemble des étapes du cycle de vie du bâtiment, de la construction à la démolition, sur une durée de cinquante ans. Les délégations Ouvrages fonctionnels de VINCI Construction systématisent, dans ce cadre, les analyses du cycle de vie (ACV) lors des appels d’offres des projets soumis à la RE 2020, ainsi que sur certains dossiers de réhabilitation en appel d’offres (30 % en 2025). De son côté, VINCI Immobilier intègre des critères environnementaux dans la conception de l’ensemble de ses opérations, en priorisant les aspects suivants : recourir à une source de chauffage sans gaz, privilégier les pompes à chaleur, la biomasse ou les réseaux de chaleur urbains ; et intégrer un chiffrage systématique du béton bas carbone dans les études de conception.
Les activités routes de VINCI Construction en France utilisent régulièrement l’écocomparateur Seve-TP, outil de référence utilisé dans le cadre de marchés publics de travaux.
VINCI Airports s’est également doté de clauses environnementales et sociales applicables à ses projets en phase de conception et construction, et impose l’obtention d’un label environnemental (BREEAM®, LEED®, HQE™, etc.).
Pour éclairer les choix en matière d’écoconception, le Groupe s’appuie sur différents outils d’analyse de cycle de vie (ACV). L’outil de bilan carbone e-CO2NCERNED a été développé au niveau du Groupe, et plusieurs autres outils sont mis à la disposition des opérationnels et de leurs clients. Chez VINCI Construction, la calculatrice E+C– (Énergie positive et Réduction carbone) vise à évaluer la compatibilité d’un projet avec les critères du label. VINCI Energies s’appuie sur son outil d’analyse du cycle de vie, eco2VE. Cet outil est utilisé sur 1 500 projets du pôle par plus de 3 000 utilisateurs dans tous les secteurs, et sa base de données est enrichie en continu. Chez VINCI Energies France Infrastructures et ICT, une cellule d’expertise environnementale a été créée début 2025 afin de soutenir les entreprises dans la proposition d’offres différenciantes au moyen d’études basées, notamment, sur des analyses du cycle de vie et du potentiel de réemploi de matériel.
Dans le cadre de la RE 2020, qui encourage la réduction des besoins énergétiques et la sobriété d’usage, VINCI Construction et VINCI Immobilier déploient des solutions favorisant l’efficacité énergétique de leurs bâtiments. VINCI Energies et Cobra IS, dans leur rôle d’intégrateur, contribuent au déploiement de technologies pour accompagner leurs clients à opérer leur transition énergétique. VINCI Energies a notamment développé le logiciel P2C afin d’optimiser la maintenance et d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. La plateforme Wave, déployée sur tous les sites de VINCI Energies en France et chez de nombreux clients, permet un pilotage central et simultané des consommations énergétiques.
En 2025, le chiffre d’affaires du groupe VINCI consacré à l’installation, la maintenance et la réparation d’équipement favorisant l’efficacité énergétique s’est élevé à 2,3 milliards d’euros, contre 1,6 milliard d’euros en 2024 (voir paragraphe 2.1.1.1 : Éligibilité et alignement du chiffre d’affaires, page 203).
Concernant l’usage des infrastructures et réseaux électriques, les rénovations de l’éclairage public et des signalisations de carrefours à feux permettent des économies d’énergie. En France, les entreprises du réseau Citeos de VINCI Energies gèrent plus de 180 marchés publics globaux de performance pour environ 750 milliers de points lumineux en France et en Europe en 2025.
VINCI Airports a engagé plus de 50 millions d’euros de Capex en 2025 (30 millions d’euros en 2024) pour mettre en œuvre le plan de réduction des émissions de ses aéroports.
VINCI Airports mène plusieurs projets innovants visant à réduire les émissions liées à l’usage des APU (auxiliary power units, ou groupes auxiliaires de puissance) en équipant les postes de stationnement d’alimentation électrique (400 Hz) et de systèmes d’air préconditionné (PCA). Les APU fonctionnent au kérosène et émettent des gaz de combustion, dont du CO₂. L’électrification des postes avions permet aux pilotes de limiter l’usage des APU, limitant ainsi les émissions associées. Ces initiatives, qui concernent notamment les aéroports de Lyon et plusieurs aéroports du Portugal, permettent ainsi de diminuer les émissions de CO₂ des aéronefs au sol. Ces projets ont également bénéficié d’un cofinancement européen dans le cadre des initiatives de décarbonation de l’appel à projets Alternative Fuel Infrastructure Facility (AFIF) .
VINCI Airports soutient également l’usage des carburants d’aviation durables (ou sustainable aviation fuels – SAF) par les compagnies aériennes. En 2025, 14 aéroports proposent des SAF (contre 10 en 2024). VINCI Airports contribue également directement au déploiement de la « filière SAF ». En 2025, VINCI Airports a signé un Memorandum of Understanding (MoU) avec Hy2gen et H2V afin d’étudier la création d’une filière d’approvisionnement en carburants aériens durables de synthèse (e-SAF) à partir d’e-méthanol. L’e-méthanol est produit à partir d’hydrogène vert (obtenu par électrolyse de l’eau via une énergie renouvelable) et de CO2 capté (issu de biogaz ou d’industries). Ce partenariat stratégique concerne notamment l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry ainsi que plusieurs aéroports transalpins. L’objectif est de développer à moyen terme une chaîne d’approvisionnement locale et compétitive pour des carburants durables, contribuant ainsi à la décarbonation du transport aérien.
D’autres leviers d’action sont mis en œuvre pour réduire les émissions des compagnies aériennes. VINCI Airports travaille au développement de méthodes et outils pour fiabiliser la mesure des émissions scope 3. En 2024, un nouvel outil a été déployé pour fiabiliser la mesure du cycle LTO (landing and take-off) , de façon mensuelle et plus précise, grâce à un partenariat conclu avec la start-up Estuaire, applicable à 60 aéroports du réseau. Cette fiabilisation des données permet aux aéroports d’identifier des axes de réduction des émissions des activités aéronautiques, telles que la phase de roulage, notamment.
VINCI Airports est le premier contributeur international au programme Airport Carbon Accreditation (ACA) de l’Airports Council International (ACI) avec 49 aéroports accrédités en 2025, dont six au niveau maximum, ACA 5 (contre quatre en 2024). L’aéroport de Lyon-Saint Exupéry est devenu ainsi le deuxième aéroport français après Toulon-Hyères, également opéré par VINCI Airports, à obtenir la certification ACA niveau 5. L’atteinte du niveau 5 implique notamment de réduire d’au moins 90 % les émissions carbone des scopes 1 et 2 par rapport à l’année de référence 2018 ; d’investir dans des projets de séquestration carbone pour compenser les émissions résiduelles ; et de mettre en place un plan d’action avec les parties prenantes, afin d’impliquer l’ensemble de la chaîne de valeur et d’encourager activement les partenaires de l’aéroport à réduire, eux aussi, leurs émissions. L’ACA est le seul programme mondial de certification de la gestion des émissions de carbone pour les aéroports qui soit approuvé par les institutions internationales. En 2025, l’aéroport international Salvador Bahia est devenu le premier aéroport en Amérique latine à être certifié au plus haut niveau de l’ACA, le niveau 5.