Avec un parc de plus de 80 000 véhicules particuliers et utilitaires dans le monde, la consommation de carburant liée à l’utilisation des véhicules par les salariés de VINCI constitue un poste significatif d’émissions de GES pour le Groupe. La réduction de ces émissions nécessite d’identifier les solutions de déplacement disponibles et pertinentes localement, mais aussi de faire évoluer les grilles de véhicules et les offres de déplacements associées. Ainsi, les actions déployées vont de l’optimisation des déplacements et kilomètres parcourus à l’utilisation de véhicules à faibles émissions, en passant par des actions de sensibilisation et de formation à l’écoconduite.
L’accélération du renouvellement du parc de véhicules légers et utilitaires par des véhicules électriques ou moins carbonés est en cours, avec 56 % des nouvelles commandes de véhicules en 2025 portant sur des véhicules électriques ou moins carbonés (contre 44 % en 2024). Au 31 décembre 2025, la flotte de VINCI en France compte plus de 30 % de véhicules électriques et hybrides rechargeables (contre 21 % en 2024). À l’horizon 2030, le Groupe a l’ambition de convertir plus de 50 % de sa flotte en France en véhicules à faibles émissions.
VINCI Construction a formé plus de 60 % de ses collaborateurs à l’écoconduite en 2025 (comme en 2024). Chez VINCI Energies, les formations à l’écoconduite se sont poursuivies en 2025, et plus de 6 000 bornes de recharge électriques ont été déployées sur ses sites fixes en interne, pour permettre la mobilité électrique.
Par ailleurs, dans l’ensemble des entreprises du Groupe, le covoiturage depuis les sites et chantiers est encouragé. Sur plusieurs chantiers de Cobra Energia (Cobra IS), des moyens de transport collectifs (bus, vans) ont été mis à la disposition des collaborateurs pour se déplacer sur chantier.
La consommation d’énergie liée à l’utilisation des engins de chantier et poids lourds représente une part significative (de plus de 30 %) des émissions des scopes 1 et 2 de VINCI. Pour réduire les émissions associées, les entités de VINCI agissent sur trois principaux leviers : le pilotage des consommations en temps réel, l’électrification du parc d’engins et de camions, et l’utilisation de biocarburants en substitution au diesel.
Pour assurer le suivi de ses consommations, VINCI Construction poursuit le déploiement de l’outil E-Track, captant les données des engins et camions équipés de télématique, afin d’optimiser leur utilisation, et donc leur consommation d’énergie. En 2025, cet outil est opérationnel sur 66 % de la flotte de VINCI Construction. VINCI Construction GeoInfrastructure a de son côté développé Linaster, qui offre les mêmes fonctionnalités adaptées aux engins spécifiques de terrassement. Enfin, Sogea-Satom (division Europe Afrique) a mis en place un système de suivi de la consommation de chaque véhicule et camion, avec un déclenchement d’alerte en cas de consommation excessive. Par ailleurs, VINCI Construction sensibilise les opérateurs à la réduction des temps de ralenti dans le monde entier, notamment au travers de challenges Energic et de quarts d’heure environnementaux.
VINCI poursuit la modernisation de son parc d’engins et de camions. Si l’électrification à grande échelle des équipements de construction reste encore limitée en raison de contraintes techniques et de délais de livraison importants, des avancées significatives ont été observées en 2025. Plusieurs expérimentations ont en effet été menées au sein des divisions de VINCI Construction et de VINCI Energies. Parmi elles figurent des projets d’électrification de la machinerie lourde et des engins de chantier, la mise en place de chantiers entièrement électriques, le raccordement du matériel au réseau local ainsi que l’alimentation d’équipement et de générateurs par énergie solaire. Des essais ont également été conduits sur des centrales à béton connectées au réseau local et équipées de packs de batteries complémentaires, notamment au sein de la division Réseaux de spécialité de VINCI Construction. Ces projets servent de tremplin vers des usages généralisés de solutions d’électrification.
Les biocarburants sont également de plus en plus utilisés et ont représenté 4 % des consommations totales d’énergie du Groupe en 2025 (contre 3 % en 2024) (voir paragraphe 2.2.3 : Suivi de la performance, page 222). Les biocarburants sont considérés comme une solution de transition en attendant une solution d’électrification des engins. Leur utilisation progresse, notamment celle du HVO100, chez les divisions de VINCI Construction, VINCI Autoroutes et VINCI Energies, en substitution du diesel, qui demeure massivement utilisé pour l’alimentation des engins de chantier. Ainsi le projet Gate Tank 4 d’extension d’un terminal de gaz naturel liquéfié aux Pays-Bas, réalisé par VINCI Construction, utilise de l’huile végétale hydrotraitée pour alimenter ses équipements. En 2025, 83 % des fourgons de patrouille et d’intervention de VINCI Autoroutes sont alimentés au XTL, dans l’attente de solutions d’électrification.
Réduction de la consommation des centrales d’enrobés en kWh/t d’enrobés produits
Bien que la consommation énergétique des usines d’enrobés ait légèrement diminué depuis 2018, leur performance énergétique – mesurée par la quantité d’énergie moyenne nécessaire par tonne d’enrobés produite – réduit très légèrement sur cette période. En 2025, cette performance s’établit à 81 kWh par tonne produite.
Cette légère baisse résulte de plusieurs facteurs. Tout d’abord, malgré une politique d’investissement dédiée, le rythme de renouvellement des installations reste limité, autour de cinq sites par an, alors que les usines les plus récentes présentent de meilleures performances énergétiques. Par ailleurs, l’augmentation de la proportion de matériaux recyclés (agrégats d’enrobés) dans la production nécessite une remobilisation du bitume, opération plus énergivore que la fabrication d’enrobés à partir de granulats vierges et de bitume. Enfin, les modèles d’exploitation des usines – selon qu’elles fonctionnent en régime continu ou discontinu – influent également sur leur consommation d’énergie. Ces modes de production varient notamment en fonction des contextes géographiques dans lesquels les sites sont implantés.
En conséquence, la performance en matière d’efficacité énergétique des activités industrielles est également contrastée selon les différentes géographies du Groupe. En France, la modernisation des usines d’enrobés s’est poursuivie. Certaines usines ont été conçues en intégrant des standards de performance ambitieux. En 2025, la consommation énergétique des sites industriels est donc stable. La baisse de la consommation énergétique des sites industriels de VINCI Construction s’est également poursuivie, en Amérique du Nord notamment. VINCI Construction USA compte ainsi six usines qui se sont vu décerner le label Energy Star en 2025, figurant parmi les 25 % d’usines les plus énergétiquement performantes du pays (comme mentionné au paragraphe 2.1.2.3 : Engagement dans des démarches de labellisation, page 208).