Dans cette dynamique et afin d’évaluer la résilience de ses activités et de ses actifs sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, le Groupe a développé ResiLens, un outil interne conçu par le bureau d’études Resallience (Sixense, VINCI Construction), spécialisé dans l’adaptation des territoires. Pilotée au niveau central mais utilisée par l’ensemble des pôles, cette plateforme facilite l’identification des actifs exposés aux risques climatiques, qu’il s’agisse de sites fixes ou de projets temporaires, et permet, lorsque nécessaire, de déclencher des analyses de vulnérabilité plus approfondies. ResiLens s’appuie sur une cartographie mondiale évaluant l’exposition des infrastructures à 14 aléas climatiques, tels que les inondations, la sécheresse, les tempêtes et cyclones, l’élévation du niveau marin, ou encore les vagues de chaleur, tout en intégrant le niveau de criticité propre à chaque type d’actif. L’exposition est calculée à partir des données du Giec, basées sur le scénario le plus pessimiste (SSP5-8.5), à différents horizons temporels, 2030, 2050 et 2070. Par ailleurs, tous les nouveaux projets majeurs soumis au Comité des Risques font systématiquement l’objet d’une analyse préliminaire de vulnérabilité réalisée via ResiLens.
Il ressort de ces analyses de résilience – menées sur l’ensemble des activités et actifs du Groupe via ResiLens, à partir du scénario SSP5-8.5 du Giec et sur l’ensemble de la chaîne de valeur – que, si des évènements climatiques extrêmes (inondations, ouragans, etc.) peuvent survenir à court terme, leurs impacts matériels les plus significatifs sont surtout attendus à long terme, en raison du renforcement probable de leur magnitude et de leur fréquence. Il apparaît également que les activités de concession, inscrites dans le temps long, sont plus vulnérables que les activités de construction, caractérisées par des durées de chantiers plus courtes et un ancrage très local.
Les analyses de vulnérabilité menées par le Groupe sont donc centrées sur les actifs en concessions. Ainsi, en 2025, VINCI Concessions a réalisé une cartographie des aéroports et autoroutes internationales les plus exposés. VINCI Autoroutes a mené en 2020 un diagnostic de criticité de son réseau national. Cette étude évalue l’évolution des paramètres climatiques à long terme (2035) et à très long terme (2085) et leurs impacts sur l’infrastructure autoroutière, et repose sur deux scénarios climatiques : scénario RCP 8.5 (tendanciel) et scénario 4.5 (politique ambitieuse de réduction des émissions de GES).
Les sites et activités de VINCI sont plus spécifiquement exposés aux aléas climatiques suivants :
À court terme, le Groupe a identifié des opportunités liées aux travaux d’adaptation au changement climatique. VINCI apporte des solutions concrètes aux territoires en proposant la construction et le financement de projets d’adaptation des infrastructures (digues, systèmes d’assainissement pour faire face aux pluies extrêmes, bassins d’expansion de crue, reméandrage des cours d’eau, îlots de fraîcheur urbains, usines de dessalement d’eau, etc.), ou l’écoconception de bâtiments adaptés. Les projets permettant de lutter contre les inondations, comme le projet Springbank au Canada, démarré en 2022 (voir 2.2.2.2 : Adaptation au changement climatique, page 220), ont ainsi représenté plus de 130 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les entreprises de VINCI Construction en 2025.
| Impacts, risques et opportunités matériels | Activités concernées | Localisation dans la chaîne de valeur et horizon temporel | Parties prenantes concernées |
|---|---|---|---|
| Renforcement des évènements climatiques extrêmes | Renforcement des évènements climatiques extrêmes Activités concernées
|
Renforcement des évènements climatiques extrêmes Localisation dans la chaîne de valeur et horizon temporel
|
Renforcement des évènements climatiques extrêmes Parties prenantes concernées
|
Impacts, risques et opportunités matériels Impact négatif sur la santé-sécurité des salariés Blessures graves de salariés résultant d’évènements météorologiques extrêmes sur des infrastructures ou des chantiers VINCI. |
Activités concernées Toutes |
Localisation dans la chaîne de valeur et horizon temporel Activités propres Long terme |
Parties prenantes concernées Salariés, sous-traitants, intérimaires Médias |
Impacts, risques et opportunités matériels Risque de dégradation des actifs et sites du Groupe Pertes liées à l’endommagement partiel ou à la destruction totale d’ouvrages ou d’installations (dépréciation d’actifs et augmentation des Opex ou baisse des revenus) dus aux évènements météorologiques extrêmes (risques physiques aigus). |
Activités concernées VINCI Concessions |
Localisation dans la chaîne de valeur et horizon temporel Activités propres Long terme |
Parties prenantes concernées Salariés, sous-traitants, intérimaires Clients Sous-concessionnaires Communautés et riverains Investisseurs et prêteurs Autorités publiques |
Impacts, risques et opportunités matériels Opportunité : solutions d’adaptation et de réparation Augmentation des revenus (CA) liée à l’essor de nouveaux débouchés liés aux travaux d’aménagement et de maintenance, ainsi qu’aux solutions visant à accroître la résilience des bâtiments, des infrastructures et des territoires au changement climatique (digues, tunnels, ponts, usines de dessalement, isolation de bâtiments, renforcement de fondations, lutte contre les îlots de chaleur urbains, désimperméabilisation des sols, etc.). |
Activités concernées VINCI Construction VINCI Energies Cobra IS |
Localisation dans la chaîne de valeur et horizon temporel Activités propres Court terme |
Parties prenantes concernées Salariés, sous-traitants, intérimaires Sous-traitants Autorités publiques Clients Communautés et riverains Investisseurs |
Agir pour le climat nécessite de transformer la conduite des activités du Groupe en optimisant ses consommations d’énergie et en recourant massivement aux énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Cela implique également de repenser la conception de ses projets afin de réaliser des infrastructures et bâtiments plus résilients, sobres en matière d’émissions carbone et plus efficaces énergétiquement ; mais aussi d’imaginer de nouvelles offres permettant de transformer la mobilité, l’habitat et les modes de vie, afin de réduire l’empreinte carbone de ses clients.
L’ambition environnementale de VINCI est consultable par toutes les parties prenantes du Groupe sur son site Internet. Elle répond aux impacts, risques et opportunités (IRO) présentés dans le paragraphe 1.1.2.6 : Résultats de l’analyse de double matérialité, page 189. Le déploiement par VINCI de sa stratégie climat, tant sur le volet atténuation que sur l’adaptation, n’est pas contraint par des sujets de disponibilité des ressources.
Dès 2007, VINCI a entrepris une démarche proactive de réduction et de maîtrise de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) concernés par le protocole de Kyoto (voir la Note méthodologique, paragraphe 5.4.3 : Émissions de gaz à effet de serre et trajectoire carbone, page 290), dans le cadre de l’engagement « Ensemble, pour accélérer la transition environnementale » de son Manifeste. Le 8 avril 2021, la stratégie environnementale de VINCI intégrant le plan de transition a été votée et adoptée par l’assemblée générale. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement du Groupe, avec une volonté affichée de poursuite des investissements dans le secteur de l’énergie, et en particulier des énergies renouvelables (voir Modèle d’affaires et chapitre 1 : Informations générales). Ce plan de transition vise la réduction de l’ensemble des émissions de GES du Groupe, en cohérence avec l’Accord de Paris, dont l’objectif est de contenir le réchauffement climatique « bien en dessous de + 2 °C » d’ici la fin du siècle, et repose sur deux engagements du Groupe :