D. Facteurs de risques et procédures de gestion
Les principaux risques auxquels sont exposées les différentes activités du groupe VINCI et leur évolution sont détaillés dans la présente section et synthétisés dans le tableau ci-contre.
Le niveau de criticité de chacun de ces risques (élevé, intermédiaire, modéré) a été déterminé en fonction de leur probabilité estimée d’occurrence et de l’ampleur anticipée de leur impact net sur le Groupe, après prise en compte des procédures de gestion des risques. Par ailleurs, il convient de noter que dans le cadre de la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) les risques extra-financiers sont également traités dans l’analyse de double matérialité du Rapport de durabilité.
L’année 2025 aura été marquée par plusieurs évènements politiques, géopolitiques, commerciaux et technologiques générateurs d’incertitudes. Les principaux sont les suivants :
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France :
- L’instabilité politique – en cours depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 – s’est prolongée en 2025 et aggravée après la démission du Premier ministre François Bayrou en septembre. Les incertitudes et les débats budgétaires tendus au Parlement ont pesé sur la confiance des investisseurs. Les agences de notation Fitch et S&P, sceptiques sur la capacité du pays à s’inscrire dans une trajectoire durable de réduction de son déficit, ont abaissé la note de la dette française. Dans ce contexte globalement morose, les taux d’emprunt de l’État français ont continué de s’accroître au second semestre 2025.
- Incertitudes fiscales : les discussions budgétaires portant sur de nouvelles hausses d’impôts pour les entreprises ont de nouveau pesé sur la confiance des investisseurs, des entrepreneurs et des ménages.
- Niveau d’endettement public et privé à l’échelle mondiale : la hausse continue de la dette publique mondiale, sur fond de dérive budgétaire de nombreux pays (dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni), suscite des craintes, accentuant les tensions sur les parties très longues des courbes de taux. Dans ce contexte, les différentes banques centrales auront à nouveau un rôle prépondérant à jouer en 2026. Aux États-Unis, la faillite de certaines entreprises a soulevé des inquiétudes sur la qualité du crédit privé et la santé des emprunteurs de moins bonne qualité. Des tensions dans ce secteur pourraient affecter la croissance économique attendue.
- Équilibres du commerce mondial : dans un nouveau paradigme sur les échanges commerciaux internationaux, suite à l’instauration de droits de douane aux États-Unis, les milieux d’affaires se sont montrés nerveux, craignant de voir l’économie mondiale déraper.
- Géopolitique : en 2025, la poursuite du conflit en Ukraine depuis près de quatre ans est à déplorer. Malgré plusieurs tentatives de plan de paix amorcées par les États-Unis, la perspective et les conditions d’un cessez-le-feu sont encore incertaines. En Europe, cette situation a provoqué des hausses historiques des budgets militaires de plusieurs pays. Dans ce contexte, l’Allemagne a annoncé un plan d’investis-sement sans précédent dans le secteur de la défense. Par ailleurs, au Moyen-Orient, les tensions se sont intensifiées en juin lorsqu’Israël et les États-Unis ont frappé certaines installations nucléaires et militaires iraniennes. Le cessez-le-feu entre Israël et l’Iran puis le fragile plan de paix à Gaza ont ensuite ramené un calme relatif.
- Technologie : la croissance fulgurante de l’intelligence artificielle (IA) – vecteur d’innovation et de compétitivité – a rythmé l’actualité économique et financière de l’année, soutenue par de nombreuses annonces de transactions de tailles très conséquentes. En fin d’année, cette euphorie a toutefois laissé la place à des inquiétudes autour du risque de bulle (valorisations très élevées des entreprises et questionnements sur la rentabilité des investissements massifs et leur financement par de la dette). L’éclatement de cette bulle, s’il se produisait, engendrerait une forte instabilité sur les marchés financiers. Compte tenu de l’imbrication de l’IA dans l’ensemble des secteurs d’activité, un tel choc pourrait également se répercuter sur l’économie mondiale.
En dépit de cet environnement agité, la performance d’ensemble du groupe VINCI en 2025 a été très solide, malgré l’alourdissement très significatif de la fiscalité sur les bénéfices mise en place en France en 2025. Cette performance illustre une nouvelle fois la force du modèle multilocal du Groupe et de son organisation très décentralisée ainsi que sa capacité à s’adapter rapidement aux évolutions de marché.
Si son profil de risque reste à date globalement inchangé, le Groupe identifie trois types de risques en hausse sur un an :
Risques opérationnels
- Métiers des services à l’énergie et construction : les contraintes budgétaires et les déficits élevés de plusieurs pays, dont la France, continuent de représenter un risque à court et moyen terme concernant les montants affectés à la commande publique, hormis dans les secteurs portés par différentes tendances de fond (dont les besoins d’électrification, le nucléaire, les enjeux de souveraineté et de défense, la santé…) sur lesquelles plusieurs entreprises du Groupe sont bien positionnées. À cela s’ajoutent les défis potentiels concernant la gestion des chaînes d’approvisionnement, perturbées par la guerre commerciale menée par les États-Unis et la Chine notamment (hausse des tarifs douaniers, inflation durable, dépendance énergétique, etc.). Enfin, l’explosion potentielle de la bulle financière liée à l’IA contribue également aux incertitudes pesant sur l’activité mondiale, en sus des facteurs politiques, géopolitiques et macroéconomiques décrits précédemment. Le Groupe a toutefois l’expérience pour gérer ce type d’instabilités, son modèle décentralisé permettant à ses filiales d’être agiles et d’ajuster rapidement leurs structures. Sa diversité géographique et de métiers est également un atout pour traverser les difficultés conjoncturelles rencontrées sur certains marchés.
- Concessions : le niveau de trafic, directement corrélé à la croissance économique locale, régionale ou mondiale (en fonction des caractéristiques propres de chaque actif), peut être négativement impacté à court ou moyen terme par les incertitudes économiques susmentionnées. Par ailleurs, la recherche de recettes additionnelles par certains États pour redresser leur trajectoire budgétaire peut conduire ces derniers à faire évoluer – de manière unilatérale et sans toujours respecter l’esprit et la lettre des contrats de concession – la fiscalité et/ou la réglementation propre aux actifs sous contrats de concession. Le Groupe et ses filiales concernées restent déterminés à défendre leurs intérêts et feront valoir leurs droits en justice le cas échéant.