En parallèle des efforts pour réduire l’empreinte des travaux et de l’exploitation autoroutière, VINCI Autoroutes agit pour décarboner les usages de l’autoroute (scope 3 aval), enjeu essentiel car la mobilité routière représente plus de 90 % des émissions actuelles du secteur des transports en France. Par sa dimension structurante, l’autoroute est amenée à jouer un rôle central dans la décarbonation de la route.
La transformation de l’autoroute en infrastructure bas carbone est déjà une réalité en matière de mobilité électrique. Depuis fin 2023, 100 % des aires de services du réseau VINCI Autoroutes sont électrifiées. Au total, plus de 2 100 points de recharge sont en service à fin 2024 sur le réseau, dont 75 % assurant une recharge complète en une trentaine de minutes. Grâce à ce niveau d’équipement, les véhicules légers pratiquent d’ores et déjà la mobilité électrique sur longue distance dans des conditions d’approvisionnement satisfaisantes, comme le montre la forte croissance de la demande : le nombre de recharges effectuées sur le réseau VINCI Autoroutes a ainsi doublé entre janvier et décembre 2024, près de 2 millions de sessions de recharge ayant été réalisées sur l’exercice.
Afin de poursuivre le maillage de son réseau d’infrastructures électriques, VINCI Autoroutes a égale ment commencé à équiper des aires de covoiturage et des haltes de péage de bornes de recharge, ainsi que des aires de repos.
À moyen et longtermes, le fort développement attendu du parc de véhicules électriques (de 3 % du parc total actuellement à 15 % en 2030, puis 37 % en 2035) nécessitera de multiplier le nombre de bornes accessibles sur le réseau autoroutier par environ 7, afin que l’offre de service réponde à la demande lors des pics de fort trafic.
Concernant les poids lourds, deux points de charge dédiés ont été mis en service fin 2024 sur l’aire des Palombières (A89) et d’autres seront déployés en 2025. Selon une étude – réalisée conjointement par VINCI Autoroutes, TotalEnergies, Enedis et six constructeurs européens – sur les infrastructures requises pour électrifier à grande échelle le transport longue distance de marchandises, la recharge en itinérance sur les principaux axes routiers français pourrait représenter une demande en énergie de l’ordre de 3,5 TWh par an d’ici 2035. Pour un nombre de poids lourds électriques constituant à cet horizon 30 % du parc roulant, il serait nécessaire de déployer 10 000 points de recharge spécifiques.
Complémentaire de la recharge en itinérance sur des bornes fixes, la recharge dynamique des poids lourds, effectuée directement en roulant sur l’infrastructure, pourrait améliorer le bilan environnemental de la mobilité électrique lourde en réduisant considérablement la taille des batteries, tout en éliminant les contraintes d’autonomie. C’est l’objet de l’ex périmentation « Charge as you drive », menée depuis 2023 par un consortium piloté par VINCI Autoroutes, associé à VINCI Construction et plusieurs acteurs publics et privés, dans le cadre de l’appel à projets « Mobilités routières automatisées, infrastructures de services connectées et bas carbone » de Bpifrance.
Le projet première mondiale sur autoroute vise à expérimenter deux solutions de recharge dynamique, l’une par induction, l’autre par rail conducteur (voir zoom page 51).
Selon la 6e édition de septembre 2024 du Baromètre de l’autosolisme réalisé par VINCI Autoroutes, qui mesure le taux d’occupation des véhicules empruntant l’autoroute aux abords de 13 métropoles françaises, près de 86 % des conducteurs effectuent leurs trajets quotidiens seuls dans leur voiture, soit une moyenne de 1,22 personne par véhicule. Ce taux d’autosolisme est le plus élevé depuis le lancement du Baromètre.
1Station de recharge électrique sur l’aire de repos de Bornaron (A7), dans la Drôme.
2Le parking de covoiturage de Béziers ouest (Hérault) sur l’A9 propose 165 places gratuites de stationnement.