Enfin, QDVC a mené de très nombreuses enquêtes anonymes auprès des travailleurs afin d’évaluer leur bien-être et l’efficacité des mesures mises en place. Menées par le département RSE, ces enquêtes ont offert un environnement permettant aux travailleurs de s’exprimer librement et de partager leur avis sur ce qui, selon eux, fonctionne ou ne fonctionne pas dans l’entreprise. La direction a émis plusieurs plans d’action suite à l’analyse des résultats. D’après la dernière enquête, datant de fin 2022, à laquelle 151 travailleurs (sur 300) ont participé, la plupart d’entre eux pensaient que QDVC était globalement performant en termes de QHSE et de RSE (71 %) et étaient satisfaits de la manière dont QDVC avait géré la crise du Covid-19 (93 %). Une grande majorité d’entre eux étaient satisfaits de leur emploi actuel (88 %) et ont également déclaré avoir un bon équilibre entre leur travail et leur vie personnelle (82 %). 89 % recommanderaient QDVC à un ami et prévoyaient de continuer à travailler avec QDVC (76 %).
La prévention du risque social et du travail illégal dans la sous-traitance
Les enjeux ne se situent pas uniquement à l’international. Les tensions sur le marché des travaux publics ou du bâtiment et les flux de main-d’œuvre en Europe ont conduit le Groupe à renforcer sa démarche de vigilance en matière de prévention du risque social et du risque de travail illégal dans la chaîne de sous-traitance, à commencer par la France. Cette démarche a démarré en 2018 avec le lancement de projets pilotes dans la construction en Île-de-France, puis a été étendue à VINCI Construction sur le territoire français, pour être progressivement déployée dans différents métiers. Cette démarche est régulièrement présentée aux membres du comité d’entreprise européen et du comité de groupe, et plusieurs entreprises du Groupe en Europe et à l’international ont commencé à être sensibilisées pour mettre en œuvre des démarches similaires sur leur périmètre.
La démarche repose sur une méthodologie en trois temps, comprenant :
Au total, en France, plusieurs centaines de personnes de la chaîne opérationnelle ont contribué aux diagnostics. Chaque direction déléguée a été chargée de bâtir une politique de sous-traitance responsable propre à son activité et à son organisation, à ses problématiques et à la situation socio-économique de son territoire, ainsi qu’un plan d’action couvrant toutes les étapes, de la décision de recourir à la sous-traitance et au choix du sous-traitant en amont, jusqu’à l’évaluation de l’entreprise sous-traitante en aval.
En soutien de cette démarche, un outil de référencement des entreprises sous-traitantes a été mis au point. Il permet aux conducteurs de travaux d’évaluer les sous-traitants intervenant sur leurs chantiers sur la base de critères partagés intégrant le risque social, mais également de faciliter le choix de l’entreprise en amont, en fonction de l’évaluation faite par les autres directions. Un tel partage des données permet d’adopter une approche cohérente vis-à-vis des sous-traitants, de faire remonter rapidement des signalements en cas de risque ou de non-conformité et d’accompagner les entreprises.
En parallèle, des moyens de contrôle sont repensés. Ainsi, des audits sociaux des sous-traitants sur chantier sont conduits depuis 2019. L’approche de l’audit a été adaptée à différentes typologies de chantiers (par exemple : grands projets sous forme de sociétés en participation [SEP], plus petits chantiers en propre, phase de démarrage ou de finalisation, etc.). Durant ces audits, une attention particulière est portée au système d’accueil des salariés des sous-traitants et à la gestion de leur personnel, notamment l’établissement des contrats de travail, le paiement des salaires, le respect des obligations sociales relatives au temps de travail, aux conditions de sécurité et d’hygiène, à la représentation salariale. Ces audits permettent de déceler de potentielles non-conformités, d’accompagner les sous-traitants de manière constructive dans leur démarche de progrès et d’élaborer un retour d’expérience servant à mieux orienter les actions de prévention ainsi qu’à revoir, le cas échéant, la cartographie des risques et le référencement des entreprises partenaires. Des audits de suivi ont été conduits pour s’assurer de la bonne mise en œuvre des plans d’action et continuer à accompagner les équipes opérationnelles, qui font preuve d’une maîtrise grandissante des sujets.
Afin de renforcer les compétences internes sur le sujet, VINCI a développé en 2021 des formations internes à la conduite d’audits sociaux auprès des sous-traitants et des prestataires de services, avec le double objectif d’assurer un suivi continu des sous-traitants à risque et de continuer à diffuser la démarche. Faites sur mesure, ces formations présentent les enjeux sociaux liés à la sous-traitance et les obligations de vigilance des entreprises du Groupe, comprennent la remise d’un support méthodologique exhaustif et d’un kit comprenant une grille d’audit et une grille d’entretien pour les interviews auprès des salariés des sous-traitants, et se concluent par un module sur les techniques d’entretien, plusieurs études de cas et des jeux de rôle. À fin 2024, plus de 200 auditeurs internes ont été formés, parmi les directeurs et responsables achats, ressources humaines, juridiques, santé-sécurité ainsi que les directeurs opérationnels. Des points de suivi sont organisés deux fois par an avec eux pour les accompagner dans le déploiement de la démarche, et pour faire bénéficier les uns et les autres des retours d’expérience des différents audits internes, ou pour réfléchir de manière collective à la façon d’aborder une difficulté rencontrée. Par ailleurs, la grille d’audit sous-traitance responsable a été adaptée à la réglementation européenne en vue de sa diffusion auprès des entreprises du Groupe en Europe, et traduite en anglais, en espagnol, en allemand et en portugais.
Le Groupe intervient également en accompagnement de certains grands projets. Ainsi, la démarche de cartographie des risques sociaux, de diagnostic des outils existants ainsi qu’un audit social ont été, par exemple, réalisés sur le projet Universeine du Village des athlètes pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Au cours de l’audit, les systèmes de gestion de la sous-traitance de quatre entreprises du Groupe (au sein de VINCI Construction en France et de VINCI Energies France) et de quatre de leurs sous-traitants ont été évalués. Aucune non-conformité majeure n’a été identifiée sur ce périmètre du projet, et plusieurs points de suivi ont permis de mettre en œuvre le plan d’action défini à l’issue de l’audit et de clôturer rapidement toutes les non-conformités modérées et mineures initialement identifiées. Les contrôles réalisés par l’inspection du travail sur le projet n’ont également relevé aucune non-conformité majeure.
Cette méthodologie a fait l’objet de restitutions et de partage avec des organisations professionnelles ainsi qu’avec un certain nombre de clients et maîtres d’ouvrage pour lesquels travaillent les entreprises de VINCI en France.