Cette méthodologie a été appliquée à cinq familles d’achats prioritaires, en collaboration avec VINCI Energies en France, VINCI Construction en France et VINCI Energies International & Systèmes. Des plans d’action spécifiques ont été définis et sont en cours de déploiement par les pôles et divisions associés.
VINCI a par ailleurs développé un questionnaire générique d’évaluation social, environnemental et éthique, utilisé depuis plusieurs années par différents métiers et permettant d’évaluer la performance RSE des fournisseurs, que ce soit au moment de la sélection de ces derniers ou à tout moment de la phase de contractualisation. Pour les familles les plus à risque, plus d’une vingtaine de questionnaires d’évaluation droits humains et environnementaux, spécifiques au secteur ou à la filière concernés, ont été définis par le Groupe dans le cadre d’appels d’offres. Parmi les catégories d’achats prioritaires, et dans une approche d’amélioration continue et d’accompagnement des fournisseurs les plus exposés aux risques sociaux et environnementaux, des audits physiques sont planifiés et menés directement par VINCI et par les pôles. Ces audits, menés en priorité sur le rang 1 des fournisseurs du Groupe, peuvent également être menés sur les rangs 2 et au-delà, en fonction du niveau auquel les risques sociaux et environnementaux ont été identifiés comme les plus saillants. Une grille d’audit adaptable, en fonction des enjeux prioritaires à auditer, a été développée par le Groupe durant le dernier trimestre 2024. Cette grille a été testée, en collaboration avec les divisions Route France et Réseaux France de VINCI Construction, auprès de fournisseurs d’une même filière, allant du rang 1 au rang 5. Elle sera diffusée auprès de l’ensemble des pôles courant 2025. Des audits droits humains et santé-sécurité des sous-traitants de VINCI sont menés sur les projets du Groupe ; pour plus de détails sur ces audits, voir notamment la section F : Plan de vigilance, paragraphe 2.6 : L’évaluation de la situation des filiales, des sous-traitants et des fournisseurs, page 285, et paragraphe 3.4 : L’évaluation de la situation des filiales, des sous-traitants et des fournisseurs, page 290. Chaque audit mène à la définition d’un plan de progrès, dont la mise en œuvre est suivie dans le temps par les évaluateurs.
Formation des collaborateurs effectuant des actes d’achat
Développer le niveau de connaissances et former tous les collaborateurs effectuant des achats à la prise en compte systématique des enjeux de durabilité est un élément clé de la réussite du déploiement de la démarche d’achats responsables. Le Groupe mobilise donc différents moyens pour renforcer les compétences et les expertises en matière d’achats responsables, et pour fournir à chacune des entités les outils ad hoc pour mettre en place une démarche d’achats responsables.
Une première étape de sensibilisation a été construite au travers d’un e-learning achats responsables permettant une meilleure appropriation du guide pratique des achats responsables du Groupe. Disponible en cinq langues, il est destiné à l’ensemble des collaborateurs, tous métiers confondus, et a été suivi en 2024 par près de 2 400 collaborateurs, soit plus de 6 000 au total depuis son lancement fin 2020.
Une formation plus approfondie dédiée à la fonction achats est par ailleurs dispensée depuis 2021 aux collaborateurs occupant des fonctions clés pour les achats du Groupe. Afin de répondre aux besoins croissants de montée en compétences sur les enjeux de durabilité et d’assurer la pertinence de cette formation approfondie, son contenu a fait l’objet d’une refonte en 2024 et elle continue d’être diffusée à travers les métiers du Groupe en France et à l’international.
Pour répondre à des besoins plus spécifiques et embarquer le plus de collaborateurs possible, le Groupe travaille également, en collaboration avec les divisions, au développement de formations au format et au contenu mieux adaptés à diverses fonctions, en particulier aux fonctions juridique, ressources humaines, santé-sécurité et QHSE.
Focus sur la gestion du risque social dans la sous-traitance et les prestations de service sur site
Très tôt dans sa démarche droits humains, la sous-traitance et les prestations de service sur site ont été identifiées comme des catégories d’achats prioritaires. En effet, avec les entreprises de travail temporaire, ces trois catégories représentent la moitié des achats du Groupe et sont par nature stratégiques pour VINCI. Par ailleurs, si les entreprises de sous-traitance et de travail temporaire intervenant souvent directement sur les chantiers ou les sites d’exploitation sur lesquels opèrent les entreprises du Groupe font déjà l’objet de nombreux contrôles, elles sont malgré tout considérées comme intrinsèquement exposées au risque social.
Dans un premier temps, le Groupe a mis à disposition de toutes ses entités une méthodologie de diligence raisonnable qui repose sur cinq étapes, allant de la cartographie des risques liés aux droits humains des sous-traitants et prestataires à l’utilisation de critères spécifiques lors du processus de sélection, en passant par l’inclusion de clauses contractuelles spécifiques et le contrôle des exigences qui y sont formulées.
En parallèle, une démarche spécifique à la gestion du risque social dans la sous-traitance a été lancée en France. Cette démarche a éprouvé la méthodologie de diligence raisonnable et conduit à l’élaboration d’outils adaptés aux secteurs d’activité et à l’organisation du Groupe. En plus de l’accompagnement des filiales concernées, cette démarche a notamment débouché sur l’intégration d’un volet social au sein d’un outil de référencement des entreprises sous-traitantes, ou encore à la mise au point d’une méthodologie et d’une grille d’audit social des sous-traitants et des prestataires adaptée aux métiers. Ces audits couvrent notamment les conditions de travail des travailleurs (conditions de recrutement, temps de travail, rémunérations, etc.) ainsi que le respect des règles de santé et de sécurité telles que le port des équipements de protection individuelle (EPI).
De même, une formation interne à la conduite d’audits sociaux dans la sous-traitance et d’entretiens travailleurs a été mise en place, en priorité à destination des filières ressources humaines, affaires sociales et juridiques. À ce jour, ce sont plus de 200 auditeurs internes en France qui ont été formés. La prochaine étape, qui a déjà été lancée, consiste à accompagner dans cet exercice des filiales en dehors de la France. Pour plus de détails, voir la section F : Plan de vigilance, paragraphe 3.7 : Une vigilance renforcée en matière de lutte contre le travail forcé et le travail illégal, sous-paragraphe La prévention du risque social et du travail illégal dans la sous-traitance, page 297.
Aussi, lors de la conduite d’évaluations de la performance en matière de gestion des risques droits humains dans les filiales, lesquelles sont menées prioritairement à l’international, une partie de l’évaluation est consacrée à mesurer le niveau de connaissance de la filiale s’agissant des conditions de travail et d’emploi chez les sous-traitants (et les entreprises de travail temporaire) avec lesquels elle travaille. Est également évaluée la manière dont la filiale gère le risque social chez ces acteurs dès lors qu’elle a recours à leurs services. Ces évaluations sont souvent accompagnées d’entretiens avec les travailleurs des sous-traitants ou prestataires ainsi qu’avec des représentants de ces sous-traitants ou prestataires. Ces évaluations donnent lieu à des plans d’action si besoin est.
En 2025, VINCI mettra à disposition une boîte à outils comprenant, par exemple, des questionnaires d’évaluation, des exemples de critères, un guide pour la rédaction de clauses spécifiques adaptées aux risques identifiés et aux types de prestations, des clauses types, une grille d’audit social pour la sous-traitance, un outil semi-automatisé d’aide à la cartographie des risques sociaux et environnementaux, etc. Compte tenu de l’organisation décentralisée du Groupe et des spécificités de chaque métier, leur mise en œuvre relèvera de la responsabilité de chaque pôle et de chaque entreprise.
Lutte contre le travail forcé
Enfin, VINCI s’est engagé de longue date à lutter contre le travail forcé. De nombreuses actions sont menées, lesquelles sont décrites de manière détaillée dans la section F : Plan de vigilance, paragraphe 3.7 : Une vigilance renforcée en matière de lutte contre le travail forcé et le travail illégal, page 294.