Restaurer les dépendances vertes et constituer des corridors écologiques
Dans les milieux fortement anthropisés (secteur d’agriculture intensive par exemple), les dépendances vertes autoroutières deviennent des espaces refuges favorables à la biodiversité. Pour améliorer et favoriser ce rôle de corridor, les clôtures autoroutières peuvent alors être repositionnées plus près des chaussées, offrant ainsi plus de surfaces à ces zones refuges. VINCI Autoroutes a identifié parmi ses 30 000 ha de dépendances vertes plus de 200 sites qui pourraient être régénérés. L’entreprise a confié à l’Office national des forêts (ONF) la mission d’identifier la biodiversité locale et de faire des préconisations pour la renforcer. L’expertise de l’ONF permet, au travers du partenariat signé en février 2022, de mettre en synergie les éléments indispensables à un passage à l’échelle de projets emblématiques de régénération. VINCI Autoroutes s’appuie sur les spécifications de l’ONF pour réaliser les projets de restauration écologique en concertation avec les parties prenantes locales.
Plusieurs actifs de VINCI Concessions ont également développé des actions de renaturation des emprises, comme le projet « Wild Meadows » en République tchèque et en Slovaquie. Ce projet, initié par Via Pribina en 2021, est le fruit d’une collaboration avec des experts en biodiversité locaux et l’université de Bratislava, et consiste en la sélection d’un mélange diversifié d’espèces végétales locales pour les semer dans les espaces verts de l’autoroute. Ce projet permet de fournir des habitats essentiels aux invertébrés et aux pollinisateurs, de réduire les besoins de fauchage et de réparation, et d’éviter des mouvements de sol, et donc des dommages potentiels à l’infrastructure. Cette solution offre un modèle de gestion durable des terres qui peut être reproduit dans différents contextes : après avoir été testée dans le cadre du projet R1 en Slovaquie, la concession Via Salis en République tchèque a adopté le même modèle sur une zone plus large (48 km de prairies sauvages le long de l’autoroute). Aux États-Unis, un projet similaire a été initié par la concession du pont routier de l’Ohio.
Déployer des solutions de génie écologique pour restaurer et protéger la biodiversité
Devenue un métier à part entière, l’ingénierie environnementale se met également au service de la préservation des milieux naturels. VINCI Construction a ainsi développé une offre spécifique pour ses clients, et s’appuie sur ses nombreuses compétences en génie écologique, permettant d’assurer la réalisation de ces travaux très particuliers, ainsi que d’en garantir l’efficacité à long terme. Ces solutions s’inscrivent pleinement dans l’engagement n° 4 pris dans le cadre de la démarche act4nature international, à savoir « Développer nos capacités de restauration des milieux naturels et accompagner nos clients ».
Sous la marque Equo Vivo, VINCI Construction met en œuvre tous types de travaux de génie écologique dédiés à la restauration de la biodiversité et à la réalisation de projets d’aménagements écologiques. Ces aménagements répondent à trois grands objectifs : le maintien ou la restauration de la continuité écologique, la restauration hydromorphologique et la renaturation d’espaces. Ces savoir-faire reposent sur une maîtrise des terrassements, de l’arasement d’obstacles, de l’hydraulique fluviale, du génie végétal et de la gestion d’espèces végétales (y compris le traitement des espèces végétales exotiques envahissantes). En 2024, Equo Vivo est intervenu dans la restauration de parcelles en bordures de la Mosson et des zones humides à Lavérune et Saint-Jean-de-Védas (34). Océlian (VINCI Construction) est intervenu dans la restauration de la Bienne à Morez (39). Ce projet a plusieurs objectifs : restaurer la continuité écologique au droit de deux seuils, améliorer les conditions d’écoulements et de débordement de la Bienne et restaurer le lien entre les habitants et le cours d’eau.
Développer les solutions fondées sur la nature dans le milieu urbain
Dès la phase de conception, VINCI Construction s’attache à redonner également toute sa place à la nature en ville ou au cœur des bâtiments, au travers de l’offre Revilo®. Celle-ci repense l’aménagement urbain par la création d’îlots de fraîcheur, qui repose sur quatre leviers : la gestion des eaux pluviales, la strate végétale, les sols et les revêtements urbains adaptés à l’infiltration de l’eau. Cette offre a été déployée en 2024 sur plusieurs chantiers dont celui du parking d’un hypermarché à Trélissac. En complément, les experts de VINCI Construction ont créé une structure de conseil, Urbalia, qui accompagne les aménageurs et les acteurs de la construction pour intégrer la biodiversité dans la conception de la ville de demain.
En 2024, VINCI a mené une étude permettant d’identifier les impacts, risques et opportunités (IRO) de ses activités (voir paragraphe 2.6.1 : Identification des impacts, risques et opportunités matériels, page 228).
Afin d’évaluer la sensibilité de ses sites vis-à-vis des zones sensibles en matière de biodiversité et des zones clés de biodiversité, VINCI s’appuie sur l’outil Integrated Biodiversity Assessment Tool (IBAT), intégré dans son outil interne ResiLens. IBAT, qui est une alliance entre BirdLife International, le Programme des Nations Unies pour l’environnement – Centre mondial de surveillance de la conservation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et Conservation International, est un fournisseur de données sur la biodiversité qui autorise l’accès commercial aux ensembles de données mondiales sur la biodiversité et aux couches de données dérivées, à la base de données mondiale sur les aires protégées (WDPA) et à la base de données mondiale des zones clés pour la biodiversité (WDKBA). VINCI a défini les zones sensibles comme suit : Natura 2000, sites Ramsar, State specific protected area, Unesco MAB, World Heritage, et les catégories de l’UICN I à III. Les catégories I à III de l’UICN visent en premier lieu à protéger l’intégrité écologique des écosystèmes et des processus naturels. La catégorie IV s’applique à des sites dans lesquels des interventions de gestion régulières sont nécessaires pour conserver et, le cas échéant, restaurer des espèces ou des habitats. Les dispositifs relevant de la catégorie V protègent des paysages culturels habités, comprenant par exemple des exploitations agricoles ou d’autres formes d’utilisation des sols (exemple : les parcs naturels régionaux en France). La catégorie VI s’applique aux aires d’utilisation durable des ressources naturelles, essentiellement au profit des populations locales.
Les analyses effectuées montrent que moins de 1 % des sites fixes du Groupe (carrières, usines, bureaux, aéroports, infrastructures linéaires) sont situés au sein ou à proximité des zones sensibles de catégories I à III de l’UICN, Natura 2000, Sites Ramsar, State specific protected area, Unesco MAB, World heritage. Environ 7 % des sites fixes, et principalement des linéaires autoroutiers, sont situés au sein ou à proximité de zones Natura 2000. Enfin, environ 5 % des sites fixes sont localisés dans ou à proximité de zones clés de biodiversité.