Réduction des pressions sur les habitats naturels dans les concessions
Pour les sociétés concessionnaires d’infrastructures linéaires, l’enjeu de la biodiversité repose sur la limitation de la fragmentation des habitats naturels lors des opérations d’aménagement des réseaux et sur la réduction des emprises.
Les efforts visent, autant que possible, à rendre les infrastructures « transparentes », à assurer la réversibilité des obstacles et à restaurer les milieux sensibles et des continuités écologiques (création ou restauration d’écoponts, aménagement d’ouvrages hydrauliques, restauration et mise en valeur de sites d’intérêt écologique, ensemencements et plantations des talus, fauchage raisonné, etc.). Le fait de concevoir et d’exploiter des infrastructures sur le temps long permet aux sociétés concessionnaires de développer des savoir-faire et d’utiliser leurs réseaux concédés comme terrains d’étude et de partage.
Depuis 2010, un programme de requalification volontaire en faveur des continuités écologiques a été mené sur le réseau et s’est finalisé en 2024. Ce programme comprend principalement la construction sur le réseau en service existant de 203 ouvrages afin d’en améliorer la transparence pour la faune sauvage : écoponts (passages à faune de largeur supérieure à 15 m, comprenant des aménagements petite faune et grande faune reproduisant le milieu restauré), écoducs, banquettes et encorbellements (au sein d’ouvrages hydrauliques), passes à poissons, chiroduc (passerelle pour chauves-souris). À ce programme, il convient d’ajouter les ouvrages de transparence écologique construits dans le cadre d’aménagements neufs ou d’élargissements
VINCI Autoroutes s’est fixé comme objectifs, pour 2030, que 100 % du linéaire bénéficie d’une gestion extensive et que 200 projets de renaturation soient menés (500 ha d’ici 2030), dans le cadre d’un partenariat avec l’Office national des forêts (ONF), dans les emprises du domaine autoroutier concédé.
Dans la continuité de la signature de la déclaration de Buckingham en mai 2023, les aéroports du réseau de VINCI Airports se sont mobilisés pour mettre en œuvre des programmes de lutte contre le trafic d’espèces sauvages.
Réduction des pressions sur les milieux naturels dans les carrières
VINCI Construction prévoit que 100 % de ses sites de carrières devront avoir mis en place des actions volontaires en faveur de la protection de la biodiversité ou de l’eau à l’horizon 2030.
La mise en œuvre de mesures avancées en matière de préservation de la biodiversité est très fortement établie au sein des sites de carrières. Tenue réglementairement de remettre les sites en état après l’exploitation, la profession a acquis de réelles compétences écologiques, notamment sur les dynamiques de milieux. Des actions volontaires ont commencé à être mises en œuvre au cours de l’exploitation afin de permettre une cohabitation réussie des espèces et des activités de carrières. Ainsi, les exploitants, en partenariat avec des associations locales de protection de la nature, peuvent établir des zones où les interventions sont proscrites pendant les périodes de nidification, ou aménager l’espace pour empêcher la faune de se déplacer dans les zones d’activité (clôtures, etc.).
Des mesures de gestion écologique des espaces prairiaux, visant à éviter de faucher ou à mettre en place de l’écopâturage, permettent de limiter l’incidence de la fauche sur les espèces. Certains sites ont mis en œuvre des actions de génie écologique pour recréer des mares ou des pierriers, qui sont des habitats très favorables à la faune. Enfin, il est important de noter que ces initiatives sont mises en place à long terme sur la durée de l’exploitation de ces sites, ce qui permet un suivi des actions et de leur efficacité, souvent mené volontairement avec des associations de protection de la nature.
Réduction des pressions sur les milieux naturels sur les chantiers
Les entreprises de construction appliquent, dès la phase d’appel d’offres, une identification des enjeux prioritaires et respectent la séquence « éviter, réduire, compenser ». Des mesures adaptées au contexte écologique des chantiers sont ainsi définies, et, lorsque cela est possible, des variantes plus performantes peuvent être soumises aux clients.
Les entreprises de VINCI Construction travaillent à anticiper les effets des travaux pour éviter les impacts sur la biodiversité (changement des chemins d’accès au chantier s’ils traversent des zones à enjeux, adaptation des plannings en fonction des espèces, pêches de sauvegarde, déplacement de stations botaniques, etc.). En outre, elles adaptent les méthodes de travail pour réduire les effets des chantiers sur les espèces et les milieux (déviation de cours d’eau, balisage adapté pour la faune présente, mise en place de bassins d’assainissement, lutte contre les espèces exotiques envahissantes, etc.).
Quant aux entreprises concessionnaires, celles-ci incluent des exigences en matière de préservation de la biodiversité dans le cadre de leurs marchés de travaux.
VINCI Energies déploie des moyens adaptés aux enjeux écologiques de ses chantiers. Ainsi, aux États-Unis, Chain Electric Company a réalisé des travaux au sein de marais riches en herbiers tout en réduisant son impact grâce à du matériel spécifique (grues montées sur des barges, aéroglisseurs, tapis aériens, etc.).
Facteur ressources
L’état des lieux mené en 2024 sur la chaîne de valeurs du Groupe a permis d’identifier que VINCI prélève principalement deux ressources issues des milieux naturels. Il s’agit du bois qui sert aux activités de construction, en particulier dans le bâtiment (voir paragraphe 2.3.2.1 : Favoriser les techniques et matériaux faiblement consommateurs de ressources naturelles, page 219). Afin de garantir la traçabilité des approvisionnements et d’éviter le risque que du bois utilisé par VINCI ne provienne de zones avec une baisse du couvert forestier dû à la déforestation, la division Bâtiment France (VINCI Construction) collabore avec ses fournisseurs pour disposer d’une fourniture locale et certifiée, et s’est fixé comme objectif d’acheter 100 % de bois de structure certifié FSC ou PEFC à fin 2030. Les premières actions relatives à cet objectif seront déployées au cours de l’année 2025, avec notamment des rencontres avec les principaux labels et organismes de certification et les parties prenantes concernées (scieries, fournisseurs, amont forestier, etc.). Le pourcentage de bois consommé d’origine certifié au cours de l’exercice 2024 est précisé au paragraphe 2.6.3 Suivi de la performance, page 235.
En outre, les entités du Groupe utilisent de l’eau dans leurs process (voir paragraphe 2.5 : Préserver les milieux naturels – enjeu Eau, page 226). En ce qui concerne les autres types de ressources, leur usage est détaillé dans le paragraphe 2.3 : Optimiser les ressources grâce à l’économie circulaire (ESRS E5), page 218.