Document d'enregistrement universel 2024

Informations générales et éléments financiers

Pour augmenter leur résilience, le Groupe met en œuvre une politique d’adaptation structurée autour des trois objectifs suivants :

  •  adapter ses infrastructures en concessions pour faire face aux aléas climatiques ;
  •  renforcer la résilience des ouvrages réalisés pour le compte de ses clients ;
  • développer des solutions d’adaptation pour les clients du Groupe.

Différentes actions structurantes de la politique d’adaptation sont conduites pour répondre à ces objectifs :

  •  conduite d’analyses de vulnérabilité et déploiement de plans d’adaptation adaptés sur les actifs en concessions ;
  • actions visant à renforcer la résilience des ouvrages ;
  • développement de savoir-faire en lien avec la résilience des territoires.
Actions d’adaptation

Actions d’adaptation des infrastructures en concessions

VINCI Concessions et VINCI Autoroutes poursuivent les analyses de vulnérabilité sur leurs sites en concession, afin de mettre en œuvre les plans d’adaptation adaptés, en concertation avec les équipes techniques des infrastructures concernées. Chez VINCI Airports, cette analyse est intégrée aux business plans à long terme des aéroports, au même titre que les émissions de CO2e (scopes 1, 2 et 3) et les investissements nécessaires pour mener à bien la stratégie de décarbonation (AirPact). Cette démarche sera généralisée à l’ensemble du réseau VINCI Concessions en 2025. Par ailleurs, depuis la création de l’outil ResiLens, les nouveaux projets en développement de VINCI Concessions font systématiquement l’objet d’une analyse préliminaire de vulnérabilité qui est le prélude à une analyse plus poussée si nécessaire. VINCI Autoroutes investit en priorité sur les zones identifiées comme prioritaires de son réseau, en travaillant sur la conception des ouvrages en amont ainsi que sur la construction d’aménagements permettant une remise en état rapide des infrastructures (aménagements de sas sous-marins notamment). Au Portugal, après avoir mené un diagnostic des vulnérabilités et risques climatiques de l’aéroport de Faro, un plan d’action global a été coconstruit par ANA avec différentes parties prenantes. Parallèlement, un plan de surveillance a également été élaboré, afin de permettre le suivi de la mise en œuvre du plan d’action et de l’évolution de la vulnérabilité de l’aéroport de Faro aux évènements météorologiques extrêmes.

Les Capex engagés en 2024 éligibles à la taxonomie européenne dans un objectif d’adaptation des concessions s’élèvent à 4 millions d’euros à fin 2024.

Actions de renforcement de la résilience des ouvrages réalisés par le Groupe

Réalisation d’études prospectives

Pour mieux anticiper les risques associés au changement climatique, VINCI s’appuie sur des études prospectives sur la résilience climatique et l’adaptation réalisées par un groupe de travail de Leonard actif depuis 2018. Le groupe est constitué d’un panel représentatif des activités de VINCI et accompagné par Resallience, le bureau d’études du Groupe dédié à l’adaptation des projets, des villes, des territoires, des infrastructures et de leurs usages au changement climatique. Le lab recherche environnement VINCI-ParisTech, fruit du partenariat entre VINCI et trois écoles d’ingénieurs (Mines Paris-PSL, l’École nationale des ponts et chaussées et AgroParisTech) a soutenu, depuis 2008, 85 projets de doctorat et post-doctorat qui ont permis d’apporter une connaissance scientifique sur l’adaptation des bâtiments et des infrastructures. Parmi ces travaux : la modélisation du microclimat urbain sur les surfaces et dans l’air, en intégrant ou non la végétalisation ; ainsi que la projection des températures des bâtiments aux horizons 2050 et 2100, en fonction du type de bâtiment (haussmannien, HLM 1960, résidence récente basse consommation, immeuble à énergie positive). Plus récemment, les projets de VINCI, qui servent de terrain d’expérimentation aux chercheurs, ont contribué à la production scientifique sur des sujets tels que les effets des îlots de chaleur urbains et l’analyse du cycle de vie (ACV) des quartiers.

Le bureau d’études Resallience conduit régulièrement des évaluations des impacts du changement climatique sur des projets spécifiques, dans les domaines de la promotion immobilière, de la gestion d’infrastructures ou d’actions territoriales. En 2024, Resallience enregistre une forte demande pour ce type d’analyses. Resallience et Sixense (VINCI Construction) opèrent par ailleurs de nombreux logiciels utiles pour connaître le potentiel de corrosion des ouvrages en béton armé, mesurer l’effet des îlots de chaleur urbains, prédire et visualiser les crues et les zones urbaines inondables, et évaluer les coûts du changement climatique pour les infrastructures.

Sensibilisation des collaborateurs

Un e-learning  a été lancé pour familiariser les collaborateurs avec le concept de résilience et comprendre les enjeux associés pour les activités du Groupe et celles des clients. Il a été suivi par 144 collaborateurs à ce jour. Par ailleurs, 90 personnes ont été formées à l’utilisation de l’outil ResiLens en 2024.

En avril 2024, Leonard a organisé la septième édition du festival Building Beyond, qui portait sur le thème de l’adaptation face aux défis climatiques. Le festival s’est articulé autour de trois journées, déclinant chacune une thématique de l’adaptation : les solidarités territoriales, la transformation des métiers de la conception des espaces urbains et la lutte contre les inégalités sociales.

Les actions de sensibilisation visant en particulier à protéger la santé et la sécurité des collaborateurs du Groupe dans un contexte d’adaptation aux aléas climatiques sont détaillées au paragraphe 3.1.1.2 : Identification des impacts, risques et opportunités page 236.

Projets d’adaptation au changement climatique

À court terme, les activités de construction sont régulièrement mobilisées pour des travaux de réparation et de remise en état d’infrastructures ou de lignes électriques. Ainsi, les entreprises de VINCI Energies en France ont participé à la remise en état des réseaux de distribution d’électricité ainsi que des réseaux de télécommunications en Bretagne à la suite du passage des tempêtes Ciarán et Domingos fin 2023. En 2024, le chiffre d’affaires du Groupe réalisé sur des projets d’adaptation s’est élevé à 118 millions d’euros (voir paragraphe 2.1.1.1 : Éligibilité et alignement du chiffre d’affaires, page 198).

À moyen terme, le Groupe anticipe l’adaptation nécessaire des villes et de leurs infrastructures énergétiques, de communication, de transport, d’eau, d’assainissement, en intégrant une démarche d’écoconception dans ses projets. VINCI œuvre pour créer ou renforcer les structures face aux évènements climatiques majeurs, assurer leur durabilité et innover pour réaliser ces projets.

Les entreprises de VINCI développent des savoir-faire divers en aménagements techniques : confortement de digues pour limiter la montée des eaux (scénario support : hypothèse de + 50 cm à l’horizon 2100, selon le Giec), construction de zones de plan de prévention du risque inondation (PPRI), installation des pompes de relevage pour évacuer l’eau, ou mise en œuvre des asphaltes drainants pour absorber l’eau (Drainovia) lors d’épisodes de forte pluie. Pour faire face aux fortes chaleurs, les matériaux de construction des équipements sont dimensionnés pour résister à plus de 50 °C (enrobés clairs pour diminuer le rayonnement de chaleur : SMA, Lumi+, Ecolvia Déco, solution Puma).

VINCI Construction intervient sur un nombre croissant de chantiers d’adaptation au changement climatique (lutte contre les îlots de chaleur urbains, aménagement de parcs et de jardins, désimperméabilisation des sols) en déployant notamment sa nouvelle offre intégrée Revilo® (voir paragraphe 2.1.2.1 : Mobilisation des collaborateurs, page 201). VINCI Construction a réalisé plusieurs chantiers d’amélioration de la résilience des territoires en 2024. La zone du parc central de Plymouth a été aménagée en utilisant un système de drainage durable pour apporter une solution naturelle aux inondations et fournir un espace pour la faune, la flore et les personnes. L’équipe du projet a également mis en place un système innovant de mur de soutènement Rootlok, qui comprend des sacs de compost, de sable et de semences qui se végétalisent au fil du temps, permettant une durée de vie de cent vingt ans.