Document d'enregistrement universel 2024

D. Facteurs de risques et procédures de gestion

D. Facteurs de risques et procédures de gestion

Les principaux risques auxquels sont exposés les différentes activités du groupe VINCI et leur évolution sont détaillés dans la présente section et synthétisés dans le tableau ci-contre.

Le niveau de criticité de chacun de ces risques (élevé, intermédiaire, modéré) a été déterminé en fonction de leur probabilité d’occurrence et de l’ampleur anticipée de leur impact net sur le Groupe, après prise en compte des procédures de gestion des risques. Par ailleurs, il convient de noter que dans le cadre de la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) les risques extra-financiers sont également traités dans l’analyse de double matérialité du Rapport de durabilité.

L’année 2024 aura été marquée par plusieurs évènements générateurs d’incertitudes, dont les principaux sont :

  • en France, l’annonce mi-juin de la dissolution de l’Assemblée nationale a ouvert une période politique particulièrement incertaine. Conséquence de cet environnement, l’écart de taux entre les emprunts d’État français et allemands à dix ans s’est accru. Les difficultés budgétaires du pays et les mesures envisagées pour y remédier, notamment des hausses d’impôts, ont pesé sur la confiance des investisseurs ;
  • en Allemagne, l’éclatement, fin 2024, de la coalition au pouvoir a ouvert la voie à des élections anticipées en février 2025, affectant la confiance sur l’évolution de la première économie européenne ;
  • outre-Atlantique, l’élection de Donald Trump pourrait constituer une rupture avec la politique conduite jusqu’alors, tant en termes de politique étrangère que de politique commerciale. Sur ce plan, la volonté du nouveau Président d’instaurer des mesures protectionnistes telles que le relèvement des droits de douane pourrait peser sur l’équilibre économique mondial ;
  • dans le domaine géopolitique : la guerre entre l’Ukraine et la Russie s’est poursuivie avec une issue difficilement prévisible. Au Moyen-Orient, suite à l’attaque contre Israël du 7 octobre 2023, les tensions sont montées en puissance tout au long de l’année entre Israël et l’Iran. Si l’exposition directe du Groupe dans ces zones est marginale, les effets indirects de ces tensions (cours du pétrole, déstabilisation des chaînes d’approvisionnement, réaccélération de l’inflation, etc.) sont à surveiller ;
  • sur le plan monétaire : après un resserrement sans précédent entre 2022 et 2023, les principales banques centrales ont amorcé un assouplissement de leur politique en 2024. L’ampleur et le rythme d’éventuelles baisses de taux dans le futur vont dépendre des trajectoires économiques et inflationnistes découlant en particulier des points décrits précédemment des différentes zones. Enfin, il faut souligner les craintes pointées par le Fonds Monétaire International en octobre 2024 concernant le niveau élevé des dettes publiques dans de nombreux pays.

Par ailleurs, de nombreuses catastrophes naturelles, notamment en Espagne et à Mayotte en fin d’année, sont à déplorer en 2024.

En dépit de cet environnement troublé, la performance d’ensemble du groupe VINCI en 2024 a été remarquable. Ses résultats illustrent une nouvelle fois la résilience du modèle économique du Groupe, conjuguant des métiers, des expertises et des cycles complémentaires, une forte exposition aux tendances de fond que constituent la transition énergétique et la transformation numérique, une présence géographique diversifiée, sa sélectivité pour la prise d’affaires nouvelles et la prudence de sa gestion opérationnelle et financière. VINCI reste en particulier attentif au maintien d’une forte liquidité pour faire face à l’imprévu et poursuivre son développement dans les meilleures conditions.

Si son profil de risque reste à ce jour globalement inchangé, le Groupe identifie quatre types de risques en hausse sur un an :

Risques opérationnels

  • Branches énergie et construction : les incertitudes politiques, géopolitiques et macroéconomiques décrites précédemment peuvent générer un certain attentisme des clients et donneurs d’ordres. Les contraintes budgétaires et les déficits élevés de certains pays, dont la France, pourraient quant à eux conduire à une réduction des dépenses affectant la commande publique à court ou moyen terme. À plus long terme, cette situation pourrait, en revanche, nécessiter une plus forte mobilisation du secteur privé à travers le recours aux partenariats public-privé. D’une manière générale, le Groupe à l’expérience pour gérer ce type de cycles, son modèle décentralisé permettant à ses filiales d’être agiles et d’ajuster rapidement leurs structures. Sa diversification géographique et de métiers est également un atout pour traverser les difficultés conjoncturelles rencontrées sur certains marchés.
  • Branche concessions : le risque d’une multiplication des conflits armés à travers le monde pourrait peser sur le niveau de trafic aérien. Par ailleurs, l’augmentation à prévoir de la taxe sur les billets d’avion en France pourrait impacter la demande de voyages vers où à partir de la France.

Cyberrisques

La multiplication des conflits et des tensions entre États a augmenté les cyberrisques, lesquels sont particulièrement sensibles pour les actifs stratégiques et les activités d’importance vitale. De plus, l’usage de l’intelligence artificielle dans les cyberattaques devient plus fréquent, constituant une nouvelle menace pour la sécurité des entreprises. Dans ce contexte, le renforcement et l’amélioration continue des dispositifs de sécurité informatique sont une priorité pour le Groupe.

Risques sociaux

Les différentes crises géopolitiques décrites ci-dessus font peser un risque accru pour la sûreté des collaborateurs, des partenaires, des sous-traitants et autres parties prenantes du Groupe, en particulier dans les zones géographiquement proches de ces conflits. Ces crises, auxquelles s’ajoute l’accroissement des dérèglements climatiques, entraînent des mouvements migratoires pouvant déstabiliser les pays de départ et d’arrivée sur les plans économique, social et sécuritaire.

La crise traversée par le secteur de la promotion immobilière en France et plus généralement en Europe pourrait aboutir à une crise du logement et à des tensions sociales accrues si les pouvoirs publics ne prennent pas rapidement des mesures correctives. Dans ce contexte, le Groupe continuera de poursuivre son engagement social et sociétal au plus près des territoires.