« Toutes les composantes de notre modèle contribuent à nous rendre à la fois plus résilients face aux aléas du court terme, et plus efficaces pour saisir aujourd’hui et demain les immenses opportunités qui s’offrent à nos métiers. »
Nous avons confirmé, une fois encore, notre capacité à tracer notre chemin de croissance vertueuse. Dans un environnement économique globalement moins favorable qu'en 2023, nous avons fait progresser notre chiffre d'affaires et nos résultats malgré la nouvelle taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance en France, qui a représenté une charge supplémentaire de 284 millions d'euros. Il faut souligner également le niveau record de notre cash-flow libre, qui conforte nos marges de manœuvre pour poursuivre notre développement.
Ces performances solides sont le fruit d'un modèle que nous n'avons cessé d'approfondir au fil des années. Toutes les composantes de notre modèle contribuent à nous rendre à la fois plus résilients face aux aléas du court terme, et plus efficaces pour saisir aujourd'hui et demain les immenses opportunités qui s'offrent à nos métiers.
C’est d’abord notre organisation décentralisée. Conçue pour libérer la capacité d’initiative de nos équipes sur le terrain, elle montre toute sa modernité dans une période où l’agilité devient une vertu cardinale. VINCI, ce sont d’abord plus de 4 200 business units qui sont autonomes sur leurs marchés et leurs territoires, tout en partageant une forte culture commune et des réflexes de bonne gestion qui font notre cohésion d’ensemble. La constance de nos résultats en porte la trace. C’est ensuite, élément tout aussi essentiel, la diversité de nos métiers et des géographies dans lesquelles nous les exerçons. Dans chacun de nos trois grands métiers des concessions, de l’énergie et de la construction, notre activité se déploie sur une palette toujours plus large d’expertises, de contrats, de territoires et de pays. Notre internationalisation en est le signe le plus visible : nous approchons aujourd’hui des 60 % de chiffre d’affaires réalisés hors de France, contre environ 40 % il y a à peine une dizaine d’années. Par ailleurs, la majorité du résultat net est générée à l’international. Nous sommes aujourd’hui un acteur significatif non seulement dans une dizaine de pays d’Europe mais aussi aux États-Unis, au Canada, au Brésil, ou encore en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Les concessions sont le socle de notre stratégie de temps long, et les besoins structurels de mobilité qui sous-tendent nos activités dans ce domaine nous donnent raison dans notre démarche de développement volontariste. Dans l’aéroportuaire, où nous sommes aujourd’hui le premier opérateur privé au monde, avec 72 aéroports dans 14 pays, nous avons globalement dépassé en 2024 le niveau de trafic pré-Covid. La trajectoire de reprise se révèle sensiblement plus forte que ne le prévoyaient les projections du secteur, et nous sortons renforcés de la période de crise sanitaire avec des résultats opérationnels qui ont largement dépassé, eux aussi, leur niveau de 2019. Nous accélérons également notre développement, qui a porté principalement, en 2024, sur les nouvelles concessions des aéroports d’Édimbourg, au Royaume-Uni, acquis en pleine propriété, et de Budapest, en Hongrie.
Dans le secteur autoroutier, le trafic sur le réseau VINCI Autoroutes en France a montré sa résilience dans une conjoncture économique moins favorable et malgré les blocages subis au cours du premier semestre. À l’international, VINCI Highways a poursuivi l’extension de son réseau en remportant de nouvelles concessions aux États-Unis et au Brésil, et en mettant en service une nouvelle autoroute en République tchèque, construite par nos filiales régionales de travaux routiers. Là encore, nous sommes en train de devenir un opérateur significatif à l’échelle mondiale.
Notre stratégie de temps long dans les concessions s’illustre aussi par nos initiatives pour décarboner nos infrastructures et les usages de mobilité. Cela se concrétise, notamment, par le « zéro émission nette » déjà atteint par l’aéroport de Toulon Hyères et qui le sera en 2026 par celui de Lyon-Saint Exupéry, grâce aux programmes de requalification environnementale ambitieux que nous déployons sur toutes nos plateformes. Il faut aussi mentionner l’électrification complète de nos aires d’autoroute en France : près de deux millions de sessions de recharge ont été effectuées en 2024 sur nos plus de 2 100 bornes en service – soit le double de 2023 –, ce qui montre que nous contribuons activement à l’installation de la mobilité électrique sur longue distance. À long terme, les investissements nécessaires pour transformer massivement les aéroports et les autoroutes en infrastructures bas carbone et résilientes au changement climatique rendront d’autant plus opportun le recours au cadre contractuel des concessions, ce qui valorise notre modèle.
Bien avant que l’urgence climatique ne les mette au premier plan, nous avons décidé de nous développer de manière volontariste dans ces métiers, et leur essor remarquable dans la période actuelle montre la pertinence de ce choix stratégique. Le chiffre d’affaires de notre branche énergie, qui a progressé de 6 % en 2024 malgré une base de comparaison élevée, se rapproche désormais de celui de nos activités historiques dans la construction. Les deux pôles de cette branche, avec leurs profils complémentaires, tirent pleinement parti des grandes tendances de fond que sont la transition énergétique et la transformation numérique : VINCI Energies, grâce à sa proximité exceptionnelle avec ses clients et à son modèle de développement associant croissance organique et externe ; Cobra IS, avec sa capacité à réaliser des grands projets clés en main dans la continuité de ses activités de flow business. On le constate dès à présent dans leurs carnets de commandes, et la tendance va aller en s’amplifiant : l’impératif de décarbonation de nos économies suscite un volume croissant de projets, non seulement dans les infrastructures de production, de transport et de distribution d’énergie électrique bas carbone, mais aussi dans les secteurs de l’industrie, du bâtiment et des technologies de l’information, où la transition énergétique va de pair avec de multiples enjeux de compétitivité, de transformation des process, d’évolution des usages, etc. S’agissant des infrastructures électriques, nous nous inscrivons aussi dans le temps long en développant notre portefeuille d’actifs de production d’énergie renouvelable, qui représente à fin 2024 une capacité totale – en opération ou en construction – de 3,5 GW. De même, nous réalisons des lignes électriques à haute tension dans le cadre de partenariats public-privé – comme au Brésil et en Australie – qui englobent non seulement leur déploiement mais aussi leur exploitation-maintenance durant plusieurs décennies.