En cohérence avec les engagements du Groupe, il existe de nombreuses voies de recours permettant aux collaborateurs de faire remonter des signalements. Ces voies de recours incluent la prise de contact avec les services des ressources humaines, les filières santé sécurité, la voie hiérarchique, la sollicitation des instances de représentation du personnel, ou encore la consultation, en toute confidentialité, des référents éthiques au sein des pôles et divisions du Groupe et au niveau du Groupe.
Outre le mécanisme d’alerte du Groupe (voir paragraphe 4.5 : Le mécanisme d’alerte et de recueil des signalements du Groupe, page 290), en raison de sa dimension multilocale et de la nature de ses activités, VINCI encourage la mise en place de mécanismes de signalement au niveau local. Le Groupe considère en effet que plus le dispositif d’alerte est proche du terrain, plus il est efficace, y compris pour les signalements venant d’usagers ou de populations riveraines, puisqu’il doit permettre à l’entreprise, au projet ou au chantier d’être proactif dans le traitement des signalements et de mieux identifier les points de faiblesse éventuels de l’organisation pour renforcer ses mesures de prévention.
Différentes entreprises du Groupe ont organisé, en complément de la ligne hiérarchique, un dispositif d’alerte permettant de faire remonter des plaintes ou des situations à risque, notamment en matière de droits humains. Ces dispositifs peuvent prendre la forme d’une adresse e-mail, d’une téléassistance ou d’une solution digitale dédiées. Certains d’entre eux, comme ceux de LISEA en France ou de Lima Expresa au Pérou, disposent d’un point de contact accessible au public via leurs sites Internet respectifs. Dans d’autres cas encore, la gestion du traitement des signalements est externalisée à un tiers indépendant. C’est le cas de Seymour Whyte en Australie, de VINCI Construction en République tchèque et en Slovaquie, ou encore de Vía Sumapaz en Colombie. Dans les pays du Golfe, comme au Qatar ou aux Émirats arabes unis, des référents RSE spécialisés sont chargés de collecter les éventuelles plaintes des travailleurs, qu’ils soient employés directs ou indirects, de maintenir un registre et de s’assurer que des solutions rapides sont trouvées face aux problèmes soulevés. Enfin, si les entités de VINCI peuvent être en situation de donneurs d’ordres, elles sont également très souvent en position de sous-traitants ou de prestataires de donneurs d’ordres publics ou privés. Dans ce cas, les entreprises du Groupe sont incitées à rejoindre les mécanismes mis en œuvre par leurs clients.
Ces mécanismes d’alerte et l’analyse des plaintes soulevés permettent également d’alimenter et d’affiner l’analyse des enjeux sur lesquels être vigilant.
La plateforme Managing Human Rights vise à déterminer si les systèmes de gestion en place dans les filiales sont en adéquation avec les lignes directrices du Groupe et s’ils permettent de maîtriser et prévenir les risques identifiés de manière spécifique au niveau d’un pays donné, dans ses propres opérations et dans sa gestion des sous-traitants et des agences de travail temporaire. L’entité ou le projet rend compte des résultats et du plan de progrès à la direction des Ressources humaines de sa division, qui en réfère ensuite au Groupe à travers son représentant au comité de pilotage. Le cas échéant, un suivi spécifique des risques majeurs est effectué au niveau du Groupe. Les évaluations reportées sont conduites par la direction de la Responsabilité sociétale ainsi que par des évaluateurs spécialement formés au sein des pôles et divisions.
L’entreprise vérifie-t-elle que les travailleurs n’ont eu à payer aucuns frais de recrutement ? Que les heures de travail des intérimaires et employés des sous-traitants travaillant sur ses sites sont déclarées et les cotisations sociales versées dans leur intégralité ? Qu’il existe des mécanismes pour informer et consulter les personnes et les communautés locales pouvant être impactées par les projets ? Telles sont quelques-unes des 200 questions auxquelles répondent les entités du Groupe. Précises, concrètes, et basées sur ses cinq enjeux principaux décomposés en 17 thématiques (voir paragraphe 4.3.1 : L’identification et l’analyse des risques majeurs du Groupe, page 269), les questions sont assorties de quatre niveaux de réponses, allant « d’aucune pratique » (niveau 1) à « meilleures pratiques » (niveau 4), les réponses de niveau 1 et 2 étant automatiquement identifiées comme des domaines prioritaires à traiter pour 50 questions considérées comme critiques. Dans la majorité des cas, l’évaluation se déroule sur plusieurs jours comprenant des sessions de travail collectif réunissant les membres du comité de direction de l’entité ou du projet ainsi que des managers opérationnels. Ces sessions sont complétées par des visites de sites, de logements le cas échéant, et d’entretiens avec des collaborateurs, des travailleurs temporaires et/ou ceux des sous-traitants, et des représentants des sous-traitants afin de croiser les informations. À l’issue de l’exercice, l’entité dispose d’une évaluation complète de ses pratiques et peut bâtir le plan d’action approprié.
Suite à plusieurs actualisations de l’outil sur la base des retours d’expérience des évaluateurs et de l’analyse critique conduite par plusieurs experts des entreprises et des droits humains, la plateforme a été mise en ligne en 2022 sur l’intranet vinci.net dans une version finalisée ouverte à tous les collaborateurs du Groupe et disponible en français, en anglais et en espagnol. L’ouverture de cette plateforme aux 280 000 collaborateurs participe de la volonté de diffuser largement le sujet et de permettre à chacun de s’approprier ces enjeux. Managing Human Rights constitue une brique essentielle de la démarche de VINCI en matière de respect des droits humains.
En parallèle de la publication de la plateforme d’évaluation Managing Human Rights, le Groupe a souhaité renforcer sa capacité à identifier et traiter les enjeux dès l’amont des projets, à savoir dès le stade des réponses aux appels d’offres, en particulier pour les grands projets. En 2023, la grille des risques des activités de la construction et de l’énergie ainsi que sa note explicative ont été revues et validées sous la coordination de la direction de l’Audit et du Contrôle interne et en lien avec la direction de l’Environnement et la direction Éthique et Vigilance. Ces documents font partie du dossier à remettre au comité des Risques pour approbation avant soumission des offres aux clients. Au-delà des risques techniques ou encore financiers, un chapitre enrichi sur les risques sociaux et environnementaux est désormais spécifiquement intégré. En matière de droits humains, les questions portent en particulier sur la gestion des impacts sur les riverains et les communautés locales ainsi que sur les travailleurs directs et indirects.
Au-delà du document à remettre au comité des Risques, une grille environnementale et sociale spécifique, comprenant 44 questions, complétée d’une aide expliquant les différents sujets à considérer, a été développée dans le but d’aider les équipes chargées des appels d’offres à identifier les risques et les enjeux auxquels le projet pourrait être confronté (du fait du contexte local ou opérationnel, ou encore de la nature des prestations à réaliser) et ainsi à anticiper les mesures nécessaires pour y répondre en temps voulu, que ce soit dans la définition des ressources et moyens du projet ou dans celle des prestations et de leur future exécution. Dans la continuité des premiers tests effectués, il est prévu de travailler en 2024 à la mise en place d’actions de formation à l’attention des personnes chargées des appels d’offres dans différentes entités du Groupe pour mieux les sensibiliser.
Une démarche similaire avait été effectuée en 2021 s’agissant des acquisitions. Ainsi, une analyse des risques doit désormais être conduite, intégrant des éléments tels que les pays d’opération, ainsi qu’une revue des engagements de l’entreprise et des moyens mis en œuvre pour prévenir les risques d’atteinte aux droits humains. Ces informations sont revues en comité des Risques selon les seuils définis dans le Groupe.