DOCUMENT D'ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2023

Informations générales et éléments financiers

3.2.3.1 Évaluation des risques climatiques physiques

Expertises et outils développés en interne

Un groupe de travail prospectif de Leonard dédié à la résilience climatique est actif depuis 2018 et travaille depuis 2023 sur le sujet de l’adaptation. Il est constitué d’un panel représentatif des activités de VINCI et accompagné par Resallience, le bureau d’études du Groupe dédié à l’adaptation des projets, des villes, des territoires, des infrastructures et de leurs usages au changement climatique.

Resallience et Sixense (VINCI Construction) opèrent de nombreux logiciels utiles pour connaître le potentiel de corrosion des ouvrages en béton armé, pour mesurer l’effet des îlots de chaleur urbains, pour prédire et visualiser les crues et les zones urbaines inondables, et pour évaluer les coûts du changement climatique pour les infrastructures. Fort de cette expérience, Resallience a assuré le développement de l’outil ResiLens pour VINCI, qui permet d’évaluer la vulnérabilité des infrastructures face aux risques physiques, dans le cadre du scénario SSP5-8.5 du Giec. Cet outil offre la visualisation des aléas climatiques actuels et futurs et le prédiagnostic de projets actuels et futurs d’infrastructures et d’activités de VINCI, et propose la mise en œuvre de solutions de conception destinées à améliorer la résilience des projets concernés. Par ailleurs, l’année 2023 a été marquée par une forte croissance des activités du bureau d’études Resallience, consacrées à l’accompagnement du changement climatique. Divers projets de monitoring ont été menés afin d’évaluer les impacts du changement climatique sur les infrastructures, territoires et villes, comme l’étude de données satellite pour le City Council Oakland sur les phénomènes de retrait-gonflement d’argile.

Le lab recherche environnement VINCI-ParisTech a soutenu depuis 2008 environ 75 projets de doctorat et postdoctorat qui ont permis d’apporter une connaissance scientifique sur l’adaptation des bâtiments et des infrastructures. Parmi ces travaux : la modélisation du microclimat urbain sur les surfaces et dans l’air, en intégrant ou non la végétalisation ; ainsi que la projection des températures des bâtiments à l’horizon 2050 et 2100, en fonction du type de bâtiment (haussmannien, HLM 1960, résidence récente basse consommation, immeuble à énergie positive).

Sensibilisation

Un e-learning a été publié offrant la possibilité aux collaborateurs du Groupe de se familiariser avec le concept de résilience et de comprendre ses enjeux pour les activités du Groupe et celles de ses clients. Il a été suivi par 147 collaborateurs à ce jour. D’importants travaux de recherche sont également menés en interne et avec les partenaires scientifiques du Groupe. Ces travaux portent sur l’adaptation des quartiers aux périodes de canicule, la gestion des îlots de chaleur urbains, la prévention des inondations, etc. Au sein de VINCI, 73 personnes ont été formées à l’utilisation de l’outil ResiLens en 2023.

Autodiagnostic

Les pôles mènent également des travaux pour renforcer la résilience de leurs activités. En 2023, VINCI Concessions a poursuivi l’analyse de vulnérabilité au changement climatique des entités de son réseau, qui en couvre à présent 80. La première étape de cette analyse a permis de développer une méthodologie d’étude de vulnérabilité, afin de réaliser une première évaluation au niveau macro des principaux risques auxquels font face les concessions étudiées. Dans un second temps, pour les entités identifiées comme étant les plus exposées, une analyse plus poussée de l’impact de ces risques sur les infrastructures a été réalisée, afin d’identifier, avec les équipes techniques des infrastructures concernées, des mesures d’atténuation pertinentes ainsi que les investissements nécessaires. Chez VINCI Airports, cette analyse est intégrée aux business plans à long terme des aéroports, au même titre que les émissions de CO2e (scopes 1, 2 et 3), et les investissements nécessaires pour mener à bien la stratégie de décarbonation (AirPact). Toutes les projections climatiques sont prises en compte pour calculer le référentiel historique. Pour les référentiels 2030 et 2050, les deux scénarios de réchauffement climatique utilisés sont les SSP2-4.5 (réchauffement estimé de 2,7 °C d’ici la fin du siècle) et SSP5-8.5 (émissions élevées, sans politique climatique additionnelle). En particulier, ANA (Portugal) a prolongé l’étude de vulnérabilité par un plan d’adaptation associé qui est en cours de finalisation pour l’aéroport de Faro et prévoit d’étendre les études au reste du réseau dans les années à venir. Par ailleurs, depuis la création de l’outil ResiLens, les nouveaux projets en développement de VINCI Concessions font systématiquement l’objet d’une analyse préliminaire de vulnérabilité qui est le prélude à une analyse plus poussée si nécessaire.

En 2021, une étude de la résilience au changement climatique de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) a été lancée selon la méthodologie « Vulnérabilités et risques : les infrastructures de transport face au climat ». Les deux scénarios climatiques pris en compte pour cette étude sont : RCP 4.5 et RCP 8.5. Les résultats de l’étude ont permis d’identifier les vulnérabilités physiques et fonctionnelles de la ligne de chemin de fer, notamment face aux aléas climatiques à venir : sécheresse, chaleur, inondations, vents et tempêtes. Ce travail a conduit à la réalisation d’un plan d’adaptation pour déterminer les actions à réaliser à moyen et à long terme. À plus court terme, les actions de prévention et de lutte contre les incendies (en particulier la protection des sous-stations électriques) s’imposent comme une priorité, notamment au regard des évènements des étés 2021 et 2022.

Pour l’autoroute Athènes-Patras en Grèce, une étude, fondée sur les scénarios du Giec, a mis en lumière les risques physiques, opérationnels et de maintenance causés par les inondations, les vagues de chaleur et la hausse des températures, dont la fréquence, l’intensité et la durée devraient augmenter dans les années à venir. Les conclusions ont ainsi permis de souligner les points de vulnérabilité les plus importants (comme les systèmes d’évacuation des eaux ou les équipements électriques) et les sections de l’autoroute particulièrement à risque.

De son côté, VINCI Autoroutes a mené en 2020 un diagnostic de criticité de son réseau national. Cette étude évalue l’évolution des paramètres climatiques à moyen (2035) et à long terme (2085) et leurs impacts sur l’infrastructure autoroutière, et repose sur deux scénarios climatiques : scénario RCP 8.5 (tendanciel) et 4.5 (politique ambitieuse de réduction des émissions de GES). Les résultats conduisent à considérer en priorité deux aléas : inondations/crues violentes et feux avec une prédominance des zones à risques autour du pourtour méditerranéen. VINCI Autoroutes participe au test de la méthode ACT Adaptation développée par l’Ademe, qui permet aux entreprises d’évaluer leur capacité d’adaptation au changement climatique. En 2023, VINCI Autoroutes est partenaire de deux démarches structurantes de la résilience du réseau autoroutier. Tout d’abord, un diagnostic stratégique de vulnérabilité du réseau routier national au changement climatique qui implique la Direction des mobilités routières (DMR). L’objectif de l’étude est de définir les principaux éléments de vulnérabilité, de donner des éléments socio-économiques des effets du changement climatique sur le réseau et sa fonctionnalité, et enfin d’identifier des mesures d’adaptation permettant de réduire les vulnérabilités identifiées. La deuxième démarche est une étude de la résilience du système régional de transport en partenariat avec la Région PACA, avec un objectif d’adaptation au changement climatique et comprenant une évaluation prospective des risques physiques des infrastructures.