Concernant l’engagement de réduction des émissions directes de gaz à effet de serre, une « trajectoire initiale » sert de référence pour mesurer la performance du Groupe entre 2018 et 2030. Chaque pôle dispose de sa propre trajectoire initiale de réduction des émissions à horizon 2030, qui dépend de ses engagements et du rythme de décarbonation des actions planifiées. Chaque année, la « trajectoire réalisée » est calculée, ce qui signifie que le pourcentage des émissions actuelles restant à réduire d’ici à 2030 est recalculé sur la base de deux données (obtenues à partir des données de consommations d’énergie du reporting environnemental) : les émissions directes de gaz à effet de serre réelles de l’année écoulée, et les émissions réelles des variations de périmètre (acquisitions et cessions intégrées au périmètre) de l’année écoulée. Cette « trajectoire réalisée » est calculée au niveau de chaque pôle, en appliquant le pourcentage d’émissions restant à réduire du pôle aux émissions cumulées des variations de périmètre de l’année écoulée (somme des émissions des acquisitions, soustraite de la somme des émissions des cessions du pôle). Par exemple, une acquisition de l’année N est intégrée au reporting environnemental lors de l’année N+1. La trajectoire d’émissions de cette acquisition à l’horizon 2030 est calculée en appliquant le pourcentage d’émissions restant à réduire du pôle acquéreur aux émissions de cette acquisition en année N+1. L’acquisition est ainsi embarquée sur la même trajectoire que le pôle acquéreur.
Les trajectoires réelles de chaque pôle sont ensuite consolidées pour définir la trajectoire réalisée par le Groupe. Le niveau d’avancement par rapport à l’objectif du Groupe est établi chaque année par comparaison entre la trajectoire initiale et la trajectoire réalisée.
Pour la quantification des émissions scope 3 de 2022, les recommandations du référentiel Technical Guidance for Calculating Scope 3 Emissions (version 1.0) du Greenhouse Gas Protocol (GHG Protocol) ont été suivies. Parmi les 15 catégories d’émissions identifiées par le GHG Protocol, 11 catégories ont été reconnues comme pertinentes à l’échelle du Groupe (exclusion des quatre catégories aval suivantes : downstream transportation and distribution, processing of sold products, downtream leased assets, franchises). Selon les activités, d’autres catégories ont pu être exclues, du fait de leur non-pertinence au regard de l’activité évaluée : pour les activités Bâtiment de VINCI Construction en France, les émissions aval des infrastructures construites ne consommant pas directement de l’énergie n’ont pas été prises en compte. Pour les divisions Route France et Réseaux France de VINCI Construction, les émissions aval n’ont pas été comptabilisées. Lorsque cela était pertinent, certains pôles d’activité se sont appuyés sur des standards sectoriels plus précis. C’est notamment le cas de VINCI Airports qui a utilisé les recommandations de l’Airport Carbon Accreditation, de VINCI Autoroutes qui a employé les outils mis à disposition par l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa) et de VINCI Immobilier qui s’est appuyé sur le standard associé à la réglementation française pour les bâtiments neufs RE2020.
L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre des clients de l’autoroute est calculé à l’aide d’un outil développé par l’Asfa et tient compte des kilomètres parcourus par les clients (payants ou gratuits) sur les réseaux de VINCI Autoroutes durant l’exercice. Le profil des vitesses par classe de véhicule utilisé est le profil à 130 km/h paramétré par défaut dans l’outil, et le trafic est supposé fluide à 100 %. Le calcul ne tient pas compte de l’effet des radars. La zone d’influence des péages est supposée être de 0,1 km, et le réseau être entièrement interurbain.
Les travaux de quantification menés par le Groupe se sont heurtés à plusieurs limites, liées au manque d’adaptation des référentiels existants aux activités de VINCI, ainsi qu’à la diversité et à l’hétérogénéité de celles-ci. Pour faire face à ces limites, VINCI a produit un document apportant des lignes directrices communes concernant des aspects méthodologiques précis, en complément du référentiel du GHG Protocol. Certaines spécificités ont notamment été retenues pour l’activité travaux, la règle d’amortissement des engins ayant par exemple été adaptée afin de tenir compte de la réalité terrain et des données disponibles. En ce qui concerne les activités de VINCI Highways, le calcul des émissions a été volontairement limité aux entités consolidées et exerçant une activité de concessionnaire. Dès que cela était possible, les entités du Groupe ont utilisé des données réelles pour calculer les émissions associées à leurs activités.
Toutefois, du fait de la complexité et de la diversité des activités, il a été choisi dans certaines entités de recourir à des ratios d’activité ou à l’extrapolation de données à partir de données représentatives, pour obtenir un ordre de grandeur. Par exemple, l’entreprise VINCI Energies a défini des ratios en kg CO2e/€ pour l’ensemble de ses familles d’achats, en s’appuyant sur les résultats des 9 157 fiches FDES (fiches de déclaration environnementale et sanitaire) et PEP (profil environnemental produit) disponibles en 2020. Ces ratios ont fait l’objet d’une revue externe par un cabinet spécialisé, et tiennent compte de l’inflation. En 2022, le périmètre couvert par des données réelles ou estimées a augmenté pour permettre une meilleure fiabilité des données. Au global, 50 % des émissions scope 3 sont issues de données réelles. L’incertitude globale des données scope 3 obtenues est estimée entre 20 et 30 %.
Pour le choix des facteurs d’émission (FE), des règles communes ont été établies au niveau du Groupe. Si plusieurs FE sont disponibles pour une même catégorie d’émissions, les entités privilégient le FE le plus précis (déclarations environnementales de type 3, telles que les FDES ou PEP, données du fournisseur, ou délivrées par une association ou un syndicat sectoriel, etc.), le plus fiable (calculé ou audité par un expert et/ou issu d’un référentiel sectoriel ou institutionnel), et le plus récent (les FE étant régulièrement mis à jour). Lorsque ces données spécifiques ne sont pas disponibles, on trouve des FE par défaut dans la base de données construite par VINCI, qui comporte des FE « moyens », issus notamment des principales bases de données reconnues. En dernier lieu, lorsque le FE recherché n’est pas disponible dans cette base VINCI, des FE spécifiques sont recherchés dans la documentation, en priorité dans la Base Carbone® de l’Ademe et dans la base de données d’Ecoinvent.
Le scope 3 des différentes entités du Groupe peut comporter des doubles comptes, liés aux prestations achetées ou sous-traitées entre entités du Groupe. Ces émissions ont été calculées et déduites du total Groupe, au moment de la consolidation, selon la méthodologie suivante : un ratio d’émissions scopes 1, 2 et 3 par million d’euros de chiffre d’affaires a été calculé pour chaque pôle pour l’année en cours, à partir des données du reporting environnemental (scope 1, 2 et 3). Pour chaque pôle, les émissions correspondant aux achats effectués auprès d’entités de VINCI ont été calculées en appliquant le ratio du pôle « vendeur » aux montants achetés à ce pôle.
L’évaluation du montant des activités éligibles et alignées à la taxonomie européenne a été menée aux bornes de chaque pôle, sur la base d’une analyse détaillée de leurs activités, à partir des processus, des systèmes d’information existants et d’hypothèses formulées avec le management. Les pourcentages d’éligibilité et d’alignement ont été calculés au 30 septembre 2022 et appliqués au chiffre d’affaires et aux Capex du Groupe au 31 décembre 2022, sauf le pôle VINCI Autoroutes, qui a recalculé les taux d’éligibilité et d’alignement au 31 décembre 2022.