En 2021, une étude de la résilience au changement climatique de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) a été lancée selon la méthodologie « Vulnérabilités et risques : les infrastructures de transport face au climat ». Les deux scénarios climatiques pris en compte pour cette étude sont : RCP 4.5 et RCP 8.5. Les résultats de l’étude ont permis d’identifier les vulnérabilités physiques et fonctionnelles de la ligne de chemin de fer, notamment face aux aléas climatiques à venir : sécheresse, chaleur, inondations, vents et tempêtes. Ce travail a conduit à la réalisation d’un plan d’adaptation pour déterminer les actions à réaliser à moyen et à long terme. À plus court terme, les actions de prévention et de lutte contre les incendies (en particulier la protection des sous-stations électriques) s’imposent comme une priorité, notamment au regard des évènements des étés 2021 et 2022.
Pour l’autoroute Athènes-Patras en Grèce, une étude, fondée sur les scénarios du Giec, a permis de souligner les risques physiques, opérationnels et de maintenance causés par les inondations, les vagues de chaleur et la hausse des températures, dont la fréquence, l’intensité et la durée devraient augmenter dans les années à venir. Les conclusions ont ainsi permis de souligner les points de vulnérabilité les plus importants (comme les systèmes d’évacuation des eaux ou les équipements électriques) et les sections de l’autoroute particulièrement à risque.
De son côté, VINCI Autoroutes a mené un diagnostic de criticité de son réseau national. Cette étude évalue l’évolution des paramètres climatiques à moyen (2035) et à long terme (2085) et leurs impacts sur l’infrastructure autoroutière, et repose sur deux scénarios climatiques : scénario RCP 8.5 (tendanciel) et 4.5 (politique ambitieuse de réduction des émissions de GES). Les résultats conduisent à considérer en priorité deux aléas : inondations/crues violentes et feux avec une prédominance des zones à risques autour du pourtour méditerranéen. VINCI Autoroutes participe au test de la méthode ACT Adaptation développée par l’Ademe, qui permet aux entreprises d’évaluer leur capacité d’adaptation au changement climatique.
Enfin, les activités Route de VINCI Construction poursuivent leur démarche de mesure de la résilience de leurs sites fixes dans le cadre de nouveaux investissements. Ainsi, pour la construction d’une nouvelle usine à Orlando (Floride) la résilience de l’infrastructure aux ouragans a été mesurée. Ces analyses amènent à étudier le contexte climatique du site ainsi que la récurrence et la gravité des aléas climatiques majeurs, afin d’adapter la structure du projet pour résister à ces évènements.
Le Groupe anticipe l’adaptation nécessaire des villes et de leurs infrastructures énergétiques, de communication, de transport, d’eau, d’assainissement, en intégrant une démarche d’écoconception dans ses projets, qui vise à étudier les ouvrages sur l’ensemble de leur cycle de vie. VINCI se positionne comme acteur central pour créer ou renforcer les structures face aux évènements climatiques majeurs, assurer leur durabilité et innover pour réaliser ces projets. Les entreprises de VINCI développent des savoir-faire en aménagements techniques : pour le confortement des digues, en utilisant les scénarios scientifiques sur la montée des eaux (hypothèse de + 50 cm à l’horizon 2100, selon le Giec) ; pour faire face aux fortes pluies, s’agissant de construire en zone de plan de prévention du risque inondation (PPRI), construire des pompes de relevage pour évacuer l’eau, ou mettre en œuvre des asphaltes poreux pour absorber l’eau (Drainovia) ; pour faire face aux fortes chaleurs, dimensionner les équipements d’un parc éolien dans le désert algérien devant résister à des températures de 50 ºC, ou la mise en œuvre d’enrobés clairs pour diminuer le rayonnement de chaleur (SMA, Lumi+, Ecolvia Déco, solution Puma). Les entreprises de VINCI sont fréquemment sollicitées après de tels évènements pour rétablir le fonctionnement normal des infrastructures de transport et d’énergie.
L’aéroport Kansai International (Japon) a été sélectionné pour recevoir l’Outstanding Civil Engineering Achievement Award à la Japan Society of Civil Engineers 2021 pour son plan d’amélioration de la résilience face aux catastrophes naturelles. En effet, en seulement trois ans, les travaux de construction déployés après la frappe du typhon Jebi (2018) ont contribué au développement des côtes et infrastructures du pays.
Les projets d’adaptation au changement climatique se sont traduits en 2022 par plusieurs chantiers. En Nouvelle-Zélande, HEB Construction (VINCI Construction) s’est vu attribuer un contrat de conception-construction de 4,5 km de voies littorales pour piétons et vélos, avec une livraison prévue en 2026. S’y ajoute la réalisation de 2,7 km de digue et de 800 m de murs de protection contre les tempêtes et l’élévation du niveau de la mer. Sur le chantier High Speed 2 (deuxième ligne à grande vitesse du Royaume-Uni, qui traversera des plaines inondables), VINCI Construction agit sur la topographie afin de favoriser la gestion naturelle des inondations par les techniques utilisant le bassin-versant (étangs de stockage, restauration de rivières sinueuses, etc.) plutôt que des « zones de stockage de remplacement des plaines inondables » (RFSA).
VINCI Construction a lancé en 2022 son offre Revilo®, dédiée à la lutte contre les îlots de chaleur urbains. Cette offre vient formaliser l’expertise acquise à travers des dizaines de « cours d’école Oasis » à Paris, les travaux de l’école Marcel-David à Échirolles, le jardin de l’Ars à Bordeaux ou le parc de la Loubière à Toulon. La végétalisation et le traitement de l’infiltration des eaux apportent l’effet d’îlot de fraîcheur et permettent également de capter du carbone. Equo Vivo, la marque de VINCI Construction dédiée à la réalisation de projets d’aménagement, est tourné vers la restauration de la biodiversité, la conception et le maintien de la continuité écologique. Parmi les réalisations notables en 2022, la restauration hydromorphique du ru de Gally, espace endigué de la Seine Bassée en amont de Paris, de façon à protéger la capitale d’une crue massive.
Les équipes de Sixense (VINCI Construction) ont réalisé le relevé 3D des falaises de Saint-Jean-de-Luz. Ce chantier s’inscrit dans le cadre d’un projet national d’adaptation au recul du trait de côte. La consolidation des données dans le temps permet à la communauté d’agglomération du Pays basque et à la commune de Saint-Jean-de-Luz de comparer l’évolution géomorphologique de la falaise et de mettre en place une gestion adaptée et préventive de l’érosion côtière (définition du périmètre de sécurité, mesures de confortement).
Omexom (VINCI Energies) développe la résilience climatique des réseaux électriques pour RTE, à travers l’élargissement des tranchées forestières et des pylônes anticascades, mais aussi par l’enfouissement des réseaux, si besoin pour les protéger des tempêtes.
Dans un contexte de menaces sur les écosystèmes et de raréfaction des ressources naturelles, dont certaines sont essentielles au fonctionnement de ses activités, VINCI entend limiter l’empreinte de ses métiers en les inscrivant dans une démarche d’économie circulaire. S’engager dans cette perspective revient à repenser les modes de consommation, de production et de gestion des ressources et déchets, en améliorant les processus de conception et de production, en réduisant l’extraction de matières premières vierges, en privilégiant les techniques et comportements efficients, en favorisant le réemploi et le recyclage.L’ambition environnementale de VINCI pour les prochaines années est d’accentuer ces actions constituantes d’une démarche circulaire, pour l’ensemble de ses activités, selon trois niveaux d’engagement :