Pour la quantification des émissions scope 3 de 2020, les recommandations du référentiel Technical Guidance for Calculating Scope 3 Emissions (version 1.0) du Greenhouse Gas Protocol (GHG Protocol) ont été suivies. Parmi les 15 catégories d’émissions identifiées par le GHG Protocol, 11 catégories ont été reconnues comme pertinentes à l’échelle du Groupe (exclusion des quatre catégories aval suivantes : downstream transportation and distribution, processing of sold products, downtream leased assets, franchises). Selon les activités, d’autres catégories ont pu être exclues, du fait de leur non-pertinence au regard de l’activité évaluée : pour VINCI Construction, les émissions aval des infrastructures construites ne consommant pas directement de l’énergie n’ont pas été prises en compte. Eurovia n’a pas comptabilisé d’émissions en aval. Lorsque cela était pertinent, certains pôles d’activité se sont appuyés sur des standards sectoriels plus précis. C’est notamment le cas de VINCI Airports qui a utilisé les recommandations de l’Airport Carbon Accreditation, de VINCI Autoroutes qui a employé les outils mis à disposition par l’Association française des sociétés d’autoroutes (Asfa), et de VINCI Immobilier qui s’est appuyé sur le standard associé à la future réglementation française pour les bâtiments neufs RE2020.
L’indicateur des émissions de gaz à effet de serre des clients de l’autoroute est calculé à l’aide d’un outil développé par l’Asfa et tient compte des kilomètres parcourus par les clients (payants ou gratuits) sur les réseaux de VINCI Autoroutes durant l’exercice. Le profil des vitesses par classe de véhicule utilisé est le profil à 130 km/h paramétré par défaut dans l’outil, et le trafic est supposé fluide à 100 %. Le calcul ne tient pas compte de l’effet des radars. La zone d’influence des péages est supposée être de 0,1 km, et le réseau être entièrement interurbain.
Les travaux de quantification menés par le Groupe se sont heurtés à plusieurs limites, liées au manque d’adaptation des référentiels existants aux activités de VINCI, ainsi qu’à la diversité et à l’hétérogénéité de celles-ci. Pour faire face à ces limites, VINCI a produit un document apportant des lignes directrices communes concernant des aspects méthodologiques précis, en complément du référentiel du GHG Protocol. Certaines spécificités ont notamment été retenues pour l’activité travaux, la règle d’amortissement des engins ayant par exemple été adaptée afin de tenir compte de la réalité du terrain et des données disponibles. En ce qui concerne les activités de VINCI Highways, le calcul des émissions a été volontairement limité aux entités consolidées et exerçant une activité de concessionnaire.
Dès que cela était possible, les entités du Groupe ont utilisé des données réelles pour calculer les émissions associées à leurs activités. Toutefois, du fait de la complexité et de la diversité des activités, il a été choisi dans certaines entités de recourir à des ratios d’activité ou à l’extrapolation de données à partir de données représentatives, pour obtenir un ordre de grandeur. Par exemple, l’entreprise VINCI Energies a défini des ratios en kgeq CO2e pour l’ensemble de ses familles d’achats, en s’appuyant sur les résultats des 9 157 fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) et Profils environnementaux produits (PEP), disponibles en 2020. Ces ratios ont fait l’objet d’une revue externe par un cabinet spécialisé. Certaines entités ont également procédé à l’extrapolation de données issues d’analyses environnementales menées sur un échantillon de projets dans un périmètre d’activité, comme la Division des grands projets, qui s’est appuyée sur l’analyse de 32 projets via son outil de bilan carbone interne GES’tim. L’ordre de grandeur ainsi obtenu permettra par la suite de cibler les catégories qui feront l’objet d’une réduction, et donc d’un suivi plus poussé. Au global, 50 % des émissions scope 3 sont issues de données réelles, 18 % d’estimations ou d’extrapolations, et 32 % de ratios. L’incertitude globale des données scope 3 obtenues est estimée entre 20 et 30 %.
Pour le choix des facteurs d’émission (FE), des règles communes ont été établies au niveau du Groupe. Si plusieurs FE sont disponibles pour une même catégorie d’émissions, les entités privilégient le FE le plus précis (déclarations environnementales de type 3, telles que FDES ou PEP, données fournisseur, ou délivrées par une association ou un syndicat sectoriel, etc.), le plus fiable (calculé ou audité par un expert et/ou issu d’un référentiel sectoriel ou institutionnel), et le plus récent (les FE étant régulièrement mis à jour). Lorsque ces données spécifiques ne sont pas disponibles, on trouve des FE par défaut dans la base de données construite par VINCI, qui comporte des FE « moyens », issus notamment des principales bases de données reconnues. En dernier lieu, lorsque le FE recherché n’est pas disponible dans cette base VINCI, des FE spécifiques sont recherchés dans la documentation, en priorité dans la Base Carbone® de l’Ademe et Ecoinvent.
Le scope 3 des différentes entités du Groupe peut comporter des doubles comptes, liés aux prestations achetées ou sous-traitées entre entités du Groupe. Ces émissions ont été calculées et déduites du total Groupe, au moment de la consolidation, selon la méthodologie suivante : un ratio d’émissions scopes 1, 2 et 3 par million d’euros de chiffre d’affaires a été calculé pour chaque pôle pour l’année 2019, à partir des données du reporting environnemental (scope 1 et 2) et du calcul du scope 3 réalisé pour l’année 2019. Pour chaque pôle, les émissions correspondant aux achats effectués auprès d’entités de VINCI ont été calculées en appliquant le ratio du pôle « vendeur » aux montants achetés à ce pôle.
La première évaluation du montant des activités éligibles à la taxonomie européenne a été menée sur la base d’une analyse détaillée des activités du Groupe au 30 septembre 2021, à partir des processus, des systèmes d’information existants et d’hypothèses formulées avec le management. Les pourcentages d’éligibilité calculés au 30 septembre 2021 ont été appliqués au chiffre d’affaires et aux Capex (dépenses d’investissement) du Groupe au 31 décembre 2021, sauf VINCI Autoroutes et VINCI immobilier qui ont recalculé des taux d’éligibilité au 31 décembre 2021.
La clé d’entrée de l’analyse réalisée sur les activités de VINCI Energies et de VINCI Construction est la segmentation marketing de chaque pôle, couplée à la nomenclature des procédés et expertises du pôle. Les principales hypothèses ont été fiabilisées grâce à des tests de détail sur des échantillons de projets.
Le chiffre d’affaires éligible de VINCI Concessions comprend le chiffre d’affaires de VINCI Railways et celui des sociétés Caraïbus, Turas et Cofiroute USA.
Le chiffre d’affaires éligible de VINCI Autoroutes est une estimation de la part des recettes de péages issues de véhicules zéro émission. Cette estimation est obtenue en appliquant aux recettes de péages des véhicules légers au 31 décembre 2021 le pourcentage de véhicules 100 % électriques circulant au niveau national (moyenne de 1 % en 2020 et 2021) et un coefficient d’abattement de 0,5 (coefficient qui évoluera en fonction du marché des véhicules électriques et du niveau d’équipement des infrastructures). Sources : données Avere-France ( www.avere-france.org) et Insee ( www.insee.fr).