Document d’enregistrement universel 2021

Informations générales et éléments financiers

En 2021, dix incidents environnementaux concernant une filiale de VINCI ou ses sous-traitants ont été identifiés. Ces incidents comprennent des cas de pollutions ayant entraîné l’intervention d’un expert externe et qui s’étendent au-delà de l’emprise de l’entité ou du chantier. Les incidents répertoriés sur 2021 concernent dans leur grande majorité des fuites d’huile ou d’émulsion à la suite d’avaries sur des engins ou des équipements de chantier. Les actions adéquates pour éviter la propagation dans les milieux et son éventuel traitement ont été mises en place très rapidement par les équipes (évacuation des sols contaminés, mise en place de barrages de confinement, pompage, analyses chimiques…). Un déversement d’une faible quantité de béton a également eu lieu dans un chantier situé en contexte marin. Il n’a eu aucune conséquence sur le milieu grâce aux procédures mises en œuvre immédiatement (barrage flottant, pompage des eaux turbides et contrôle du milieu à l’aide d’un drone sous-marin).

  • Qualité de l’air

Pour les sociétés de construction, cet enjeu revêt plusieurs aspects et nécessite différentes mesures appropriées : limitation des émissions liées à l’utilisation des engins et véhicules, préservation de la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments construits, etc. Les équipes de VINCI Construction France ont enrichi en 2021 la démarche QAI Ready, un plan de gestion au niveau de la qualité de l’air intérieur pour tout bâti, à chaque phase du projet. Cette démarche permet de contrôler les impacts durant la construction et propose une approche globale en phase de travaux pour sensibiliser aux bonnes pratiques, instrumenter le chantier, vérifier les systèmes et les matériaux, et effectuer le suivi de la qualité de l’air afin d’anticiper les exigences des clients.

Pour éviter les émissions de poussières sur les chantiers de terrassement ou les exploitations de carrières, des arrosages des zones de roulement sont effectués dès que cela est nécessaire. En complément, lors des opérations de traitement des sols en phase de terrassement, les opérateurs s’assurent au préalable que les conditions météorologiques sont favorables. En fonction des contextes, des mesures de poussières via des systèmes spécifiques (plaquettes, etc.) peuvent être mises en place. Par ailleurs, le suivi via des outils connectés de la consommation des engins de chantier permet de limiter leurs émissions polluantes (voir paragraphe 3.2.1 : Réduction des émissions du périmètre direct (scopes 1 et 2), page 210).

Dans les activités de concessions aéroportuaires ou autoroutières, la majorité des émissions atmosphériques provient de l’utilisation par les clients d’avions, de véhicules automobiles, camions, etc. Les entités concernées déploient plusieurs mesures de réduction de ces émissions (voir paragraphe 3.2.1.2 : Suivi de la performance, page 213). VINCI Airports réalise des mesures de la qualité de l’air sur les aéroports Londres Gatwick, Nantes Atlantique, Lyon-Saint Exupéry, de Lisbonne, de Porto et de Madère. À Londres Gatwick, un programme local de surveillance en continu de la qualité de l’air est déployé et montre une tendance continue à la baisse des niveaux de pollution atmosphérique locale au cours des deux dernières décennies (améliorations à long terme des normes relatives aux moteurs d’avion, normes relatives aux carburants et aux véhicules routiers, etc.).

  • Nuisances sonores et vibrations

Les activités du Groupe peuvent être responsables de nuisances sonores et de vibrations principalement liées au trafic des infrastructures exploitées, aux travaux exécutés par les entités ainsi qu’aux exploitations de carrières. Afin de limiter le plus possible les nuisances sonores, des études de bruit sont réalisées dès la phase de conception des projets (chantiers urbains, circulation sur les autoroutes, etc.) où des solutions techniques peuvent être proposées pour les phases de construction ou d’exploitation (adaptation d’un tracé autoroutier, aménagement de merlons, etc.).

Pour les activités de construction, différentes actions sont diligentées par les entités, afin de limiter le bruit des chantiers. Des mesures destinées à établir les incidences en termes de vibrations et de bruit des installations de VINCI Construction (sites fixes et chantiers) sont menées de manière régulière et contrôlée. Ainsi, les sites ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) sont amenés à suivre les incidences sonores des installations et les chantiers majeurs font l’objet de ce type de suivi.

Pour les activités de concessions, les autoroutes en exploitation font l’objet de suivis réguliers de leurs empreintes sonores visant à identifier et à résorber les « points noirs bruit ». Les logements ainsi que les autres bâtiments éligibles sont traités par des protections individuelles au moyen de l’isolation des façades ou bénéficient de protections à la source grâce à l’installation d’écrans acoustiques et de merlons végétalisés. Depuis 2010, 7 810 logements ont été protégés du bruit sur le réseau VINCI Autoroutes. Le projet de l’A355 a été conçu pour atteindre un haut niveau de performance sonore grâce à l’installation de 11 470 m2 d’écrans acoustiques, la création d’une tranchée couverte, ou encore un revêtement de chaussée adapté. De son côté, VINCI Airports s’efforce de réduire le plus possible les nuisances sonores pour les riverains sur l’ensemble des aéroports en exploitation. Cela passe, par exemple, par un système de monitoring en continu du bruit et de suivi des trajectoires, dont les résultats sont disponibles en ligne, par l’insonorisation de logements de riverains, ou par la réalisation d’études et de plans d’action de réduction du bruit. Ces initiatives de dialogue et de concertation avec les riverains sont également mises en œuvre par LISEA le long de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA).

  • Pollution lumineuse

L’apport de lumière requis pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité de certaines activités du Groupe peut être source de pollution lumineuse. Dans le but de limiter celle-ci, des écrans opaques peuvent être installés le long des autoroutes, et des réseaux d’éclairage adaptés mis en place (faisceaux orientés uniquement vers les zones nécessitant d’être éclairées pour la sécurité des usagers et des collaborateurs) sur les chantiers ou les concessions exploitées. De son côté, VINCI Energies collabore fréquemment avec des universités et des bureaux d’études pour développer des projets d’éclairage public qui limitent la pollution lumineuse et respectent les trames noires existantes afin de préserver la faune locale.

3.4.1.2 Solutions de prévention des nuisances et incidents à destination des clients

Les entreprises de VINCI développent des solutions de mesure et de maîtrise des nuisances, notamment la qualité de l’air en ville, pour des acteurs publics. Eurovia a conçu, dans le domaine des enrobés routiers, un procédé innovant de dépollution de l’air qui élimine les oxydes d’azote : le NOxer®. Adapté et couplé à des murs anti-bruit, il permet d’obtenir une double efficacité sonore et atmosphérique, en éliminant de 15 à 25 % de la pollution globale générée par le trafic et en réduisant jusqu’à 75 % les oxydes d’azote pour les riverains. Afin de réduire la pollution de l’air mais aussi des sols, VINCI Energies est en mesure de proposer à ses clients des solutions visant à identifier, grâce à des drones, des fuites de différents fluides sur leurs complexes industriels. Plusieurs entités de VINCI Construction proposent en outre des solutions de dépollution des sols à leurs clients (Navarra TS, Extract, etc.). Citeos (VINCI Energies) propose à ses clients de réduire les nuisances lumineuses grâce à plusieurs actions dans les contrats d’exploitation des réseaux d’éclairage public : matériels performants de lutte contre la pollution lumineuse, systèmes d’éclairage intelligents, extinction automatique de certaines sources lumineuses, prise en compte des « trames noires » (réservoirs et corridors propices à la biodiversité nocturne). Ainsi, par exemple, dans le cadre de la mise en lumière du pont Jacques-Gabriel à Blois, les équipes ont travaillé en partenariat avec des écologues qui ont préconisé que les sources lumineuses ne soient pas directement dirigées vers la surface de l’eau. En outre, les couleurs de l’éclairage évoluent selon les heures et les saisons définies en fonction des espèces en présence (éclairage plus chaud en période de nidification, etc.).