Dans un contexte de menaces sur les écosystèmes et de raréfaction des ressources naturelles, dont certaines sont essentielles au fonctionnement de ses activités, VINCI entend limiter l’empreinte de ses métiers en les inscrivant dans une démarche d’économie circulaire. S’engager dans cette perspective revient à repenser les modes de consommation, de production et de gestion des ressources et déchets, en améliorant les processus de conception et de production, en réduisant l’extraction de matières premières vierges, en privilégiant les techniques et comportements efficients, en favorisant le réemploi et le recyclage.
L’ambition environnementale de VINCI pour les prochaines années est d’accentuer ces actions constituantes d’une démarche circulaire, pour l’ensemble de ses activités, selon trois niveaux d’engagement :
| Actions mises en œuvre | Indicateurs de suivi | |
|---|---|---|
| Écoconception | Écoconception Actions mises en œuvre
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Écoconception Indicateurs de suivi
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| Approvisionnements | Approvisionnements Actions mises en œuvre
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Approvisionnements Indicateurs de suivi
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La question de l’approvisionnement en matières premières est centrale dans la mise en œuvre d’une démarche d’économie circulaire pour VINCI. Les secteurs d’activité du Groupe étant consommateurs de matières premières, les entreprises déploient des solutions afin de réduire les impacts liés à cette consommation. Ces solutions sont de plusieurs types : écoconception des projets, travaux sur les possibilités d’approvisionnement en matériaux issus du réemploi ou de la réutilisation, ou en matériaux recyclés, clauses environnementales des contrats de sous-traitants, évaluation des fournisseurs dans le cadre d’appels d’offres, etc.
Les travaux du lab recherche environnement VINCI-ParisTech sur le sujet de l’écoconception ont permis la création d’outils favorisant la prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des projets, principalement dans le secteur du bâtiment. Une thèse portée par un étudiant de l’école des Ponts est notamment en cours et utilise des données issues de chantiers d’entreprises de VINCI (Cardem et VINCI Construction France) afin d’évaluer le sujet du réemploi de matériaux dans la construction.
Dans les activités de construction, les efforts déployés par les divisions pour minimiser l’utilisation de matériaux vierges portent sur les réductions de consommation, l’approvisionnement local afin de créer des boucles de valorisation locales, et sur le recours aux matériaux recyclés, issus du réemploi ou de la réutilisation. Sur le chantier High Speed 2 (ligne à grande vitesse) au Royaume-Uni, la joint-venture Balfour Beatty – VINCI Construction est parvenu à réduire les quantités prévisionnelles de chaux à utiliser de 500 000 t à 350 000 t. L’utilisation de matériaux biosourcés se développe également. VINCI Construction France a continué en 2021 à renforcer ses expertises dans ce domaine, comme sur le projet des Jardins de Vilvent à Nazelles-Négron, livré fin 2021 : la mise en œuvre de 108 t de matériaux biosourcés (isolation en laine de bois, murs à ossature bois, structure brise-soleil en pin douglas, etc.) a permis d’atteindre un seuil de 18 kg/m2 de surface de plancher, correspondant au niveau 1 de la certification NF Habitat labellisée Bâtiment Biosourcé. Enfin, de nombreux projets menés en 2021 ont utilisé des matériaux issus du réemploi dans le cadre de cette démarche d’approvisionnement responsable. Ainsi, sur le chantier du siège de l’AP-HP à Paris, plus de 7 000 m2 de dalles de faux plancher ont été réemployées sur site.
VINCI Immobilier développe également des expérimentations dans le réemploi de matériaux, ce dont témoigne la réutilisation de 6 000 t de concassé de béton en remblais sur le projet d’une résidence seniors Ovelia et de logements en accession à Amiens.
Au sein des concessions, les consommations des principales matières premières sont suivies, notamment la consommation d’enrobés pour la maintenance des autoroutes en France. VINCI Autoroutes s’est fixé pour objectif de recycler 90 % des agrégats d’enrobés issus de ses travaux de rabotage et d’en réutiliser la moitié sur ses propres chantiers. Cette ambition est systématisée dans les appels d’offres relatifs aux travaux d’entretien autoroutier. Ainsi, en 2021, chez VINCI Autoroutes, sur les 1,1 Mt d’agrégats d’enrobés produits sur les chantiers de rénovation, 42 % ont été réutilisés directement sur leurs propres chantiers. Certains projets de rénovation de chaussées menés cette année ont atteint des seuils ambitieux de recyclage : sur l’autoroute A8, près de 15 km de chaussée entre Nice et la frontière italienne ont été rénovés avec 100 % d’agrégats recyclés. Pour la rénovation des autoroutes A10 et A11, plus de 40 % d’agrégats issus du rabotage des chaussées ont été recyclés directement dans la composition du nouveau revêtement, et le reste sur d’autres opérations.
L’année 2021 a été marquée par l’approfondissement de démarches d’achats responsables, au niveau des pôles et du Groupe, afin de pouvoir obtenir des matériaux et matériels à moindre impact (voir paragraphes 4.4.2 et 4.4.3 du Plan de vigilance, pages 252 et 254). VINCI Airports a effectué en 2021 un travail de refonte des clauses environnementales dans les contrats avec les tiers présents sur ses plateformes aéroportuaires afin que ces clauses soient appliquées sur l’ensemble des aéroports du réseau. Sur l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry, le projet Zefiro, visant à substituer aux gobelets plastiques à usage unique des gobelets réutilisables, a été lancé fin 2021. Concernant VINCI Autoroutes, une convention avait été signée en 2020 par la société concessionnaire Escota, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’autres partenaires, tels que les Centres permanents d’initiatives pour l’environnement du territoire, pour une Méditerranée « zéro plastique ». L’initiative a été poursuivie en 2021 avec, par exemple, le partenaire commercial E.Leclerc, en expérimentant des solutions permettant d’éviter la production de déchets à la source dans toutes les activités concernées (boutique, restauration, café, livraison, etc.).